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J.Puget présente C. Soler: - Accueil des participants

CONFERENCE Colette SOLER

(30 Janvier 2010)

ACCUEIL DES PARTICIPANTS - J. PUGET


Une présence brève, sur ce podium…. telle est la position que je me suis assigné dans l'ordonnancement de cette matinée :

Faire, au sens de vous réserver un accueil chaleureux. Mais aussi, FAIRE, au sens de "faire comme", c'est-à-dire "Jouer le rôle" de cette figure allégorique du Roman de la Rose qu'est Bel Accueil. Il s'agit d'un chef d'œuvre du XIIIe siècle, écrit en deux temps par Guillaume de Lorris puis Jean de Meun, au milieu déjà, de la querelle de l'Université.

Un survol, dirai-je, rapidissime du roman me semble ici nécessaire pour intégrer la fonction de Bel Accueil.

Le poète nous embarque dans un rêve de voyage durant lequel il s'éprend d'une rose enfermée dans un jardin clos. L'amoureux, qui n'est autre que le narrateur, se trouve dans le jardin entouré de personnages allégoriques qui sont les vices et les vertus et qui se livre une âpre bataille :

            - la rose est la dame aimé

            - l'amoureux est le poète

            - le porte-parole de la rose est Bel Accueil.

Si je poursuis, en mon nom, cette forme d'expression qu'est l'allégorie, je dirai que :

La rose peut être figurée par Colette Soler, l'amour par l'Université, le messager ou porte-parole de la rose par moi-même.

Bel Accueil est celui qui encourage l'Amour, c'est-à-dire l'Université, à rencontrer la rose, je veux dire Colette Soler, en s'efforçant de faciliter cette rencontre.

Je me suis, certes, promu "Messager" ou "porte-parole" de Colette Soler auprès de l'Université - songe d'un moment, concrétisé par l'usage ponctuel de cette stratégie que Lacan nommait par cette fameuse formulation : l'escabeau : ce par quoi un parlêtre se hisse.

Une rencontre donc entre Colette Soler et l'Université - L'Université qui déjà au XIIIe siècle était le lieu de querelles théoriques opposant les maîtres séculiers et les représentants des nouveaux ordres.

La situation actuelle, huit siècles plus tard, est la répétition, oserai-je dire, de cette querelle…car tombe sur une situation qui reste dans l'identique. L'université, la Société, voient s'instaurer une sorte de dichotomie entre Les psychanalystes, tranquilles, sereins (du moins pour certains) et ceux que Colette Soler intitule "les révisionnistes négateurs de l'inconscient", et ajouterai-je d'une crapulerie véhémente, faisant, au fond, comme s'ils croyaient à l'autorité souveraine de la conscience.

Je vous rappelle, que les nazis avaient voulu éradiquer la psychanalyse en tant que science juive. De nos jours, cela pourrait s'expliquer par la peur que suscite l'idée d'inconscient.

Ainsi donc, en butte à de nombreuses résistances au sein de l'Université, Isabelle Boulze, véritable terreau culturel psychanalytique, maintient la vertu subversive de Freud et ne cesse de promouvoir la clinique Lacanienne. Le respect et l'admiration qu'elle suscite en moi, le tout mêlé de dilection (vocable du XIIe siècle, en désuétude : sorte de préférence et d'affection intuitives)… ne font qu'accentuer mon regret, voire même ma tristesse de la savoir absente… et ce d'autant plus que nous avions ensemble organisé cette matinée.

Néanmoins… il se trouve que nous bénéficions de la présence de G. Bruere-Dawson, Professeur Emérite de Universités. Bruere-Dawson, c'est un signifiant qui occupe dans la chaîne des signifiants de l'Université, une fonction particulière - Garant, il n'y a pas si longtemps, de l'enseignement de la psychanalyse, il occupe désormais, je pense pour tous, la place de clef de voûte d'un enseignement ordonné.

 Bel Accueil, disais-je, incarne celui qui s'efforce de faciliter la rencontre entre l'Université et Colette Soler.

Je vous remercie personnellement chère Colette Soler d'avoir accepté cette rencontre avec l'Université malgré votre emploi du temps surchargé.

Si Lacan a accompli un retour à Freud, vous-même, Clinicienne de génie, ne cessez de revisiter, soutenir, rectifier, développer en votre nom, voire même poursuivre, de par votre pratique, votre enseignement et vos écrits, l'œuvre de Freud et l'enseignement de Lacan. Je suis conduit à dire qu'il y a Freud - puis Lacan- puis Colette Soler.

Le titre de votre intervention qui va suivre est : "Le Concept de répétition en psychanalyse".

A la section clinique du Département de Psychanalyse de l'Université de Paris VIII, vous vous exprimiez en 1992 en ces termes :

"Je note que dans l'usage que nous faisons du terme de répétition, eh bien, il y a beaucoup de flou… on désigne grosso modo par ce terme en général quoi ? une butée de changement. Quand on commence à dire "le patient répète" c'est qu'on tombe sur un os. On tombe sur quelque chose qui résiste à changer, qui reste dans l'identique - c'est-à-dire qu'on veut dire par là qu'on tombe toujours sur la même chose… puis vous précisez que…. tomber sur quelque chose qui s'indique comme de l'identique ça ne suffit pas encore à mobiliser de façon correcte le concept de répétition"…. 

Il me tarde d'entendre la suite de votre développement.

 
 
 


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