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FROMAGE DE TÊTE - instinct pour trieb

fromage de tête          

 

Peut-être que instinct pour trieb n'est pas si bête que ça

 

En préparation à la publication par la Biblioteca Salvat de grandes temas, d'un ouvrage collectif intitulé Freud et la psychanalyse (1973), Ma José Ragué Arias interroge Lacan sur ses liens avec Freud. Cet entretien est absent de l'édition française du livre (Editions Grammont, Lausanne 1973), ce pourquoi je suis obligé de retraduire au français un texte que je ne trouve qu'en espagnol. Du français à l'espagnol puis retour au français! C'est absurde, or je suis bien obligé.

 

Lacan dit là des choses très intéressantes sur son excommunication, par exemple; et puis une à propos du mot instinct, où il énonce parfaitement ce que je voudrais pouvoir dire:

 

Il faut d'abord éclaircir le fait que l'inconscient n'est pas une aspiration de l'âme, ni un souvenir d'enfance, ni une régression du "développement psychique". Le considérer ainsi reviendrai à le réduire aux mythes classiques dont se nourrit la psychologie universitaire.

 

A première vue le nom semble ne pas être mal choisi. L'inconscient est le insu d'un savoir, c'est-à-dire, un savoir qui n'a pas sujet, un sujet qui sache.

 

En partant de là nous pouvons clarifier son nom: l'instinct. C'est par ce nom que depuis toujours est désigné un savoir dont l'évidence contredit la réalité animale. Un animal qui sait piquer sa proie à l'endroit précis du corps pour la paralyser, connaît-il son anatomie? On n'ose pas le croire. Pourquoi? Pourquoi ne peut pas-il connaître l'anatomie de son adversaire? Pourquoi les animaux savent-ils occulter un nouveau-né sur qui ils ne peuvent pas veiller pour le protéger le temps de son développement?

 

(Lacan se réfère là aux mœurs maternelles de certaines guêpes. Cela fait écho à Le stade du miroir où il est question de maturité, d'imago, aussi bien qu'au séminaire de l'angoisse, où la métaphore entomologique prend de l'ampleur. )

 

C'est là où se fonde l'interprétation de l'instinct que les psychanalystes dénaturent dans toutes les langues en traduisant le mot Trieb […]. À l'occasion je désigne ce mot par lalangue, et remarquez que je réunis les deux parties en une.

 

La connaissance de ce qu'il y a dans l'inconscient est une connaissance que s'articule à un ou plusieurs lalangue. C'est un savoir qui lui existe à l'individu, c'est à dire que le concerne.

 

Le concept d'inconscient (Freud doutait de son nom) est loin d'exprimer la vérité. L'inconscient n'est qu'un savoir, un savoir articulée d'une forme linguistique.

 

Le parlêtre s'abrutit par l'idée de l'instinct en l'attribuant aux êtres qui ne savent pas parler, aux animaux, selon lui.

 

Je rajoute que une fois que nous comprenons la phrase suivante le tout est dit:

 

C'est par ce nom [instinct] que depuis toujours est désigné un savoir dont l'évidence contredit la réalité animale.

Elton Anglada






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