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fromage de tête

inexplicable inquiétude

dans un essai de 1910, Über den gegensin der urworte   (Sur le double sens des mots primitifs) Freud nous dit avoir trouvé chez K. Abel l’explication philologique de la troublante particularité des rêves de méconnaitre la contradiction.

Ce que, bien entendu, complique leur interprétation.

Pour résumer : K. Abel démontre, exhaustifs exemples du lexique égyptien à l’appui, que les urworts avaient souvent un double sens, c'est-à-dire, que par exemple ouvert signifiait aussi fermé etc. Et ceci parce que l’entendement ne peut pas fonctionner sans un point de référence.

Voila ce qui signifie le mot relativité, pour Einstein comme pour les autres.  

Ceci éclaire la lanterne de père Freud et renforce sa conviction d’avoir vu juste à propos de l’interprétation et des qualités intrinsèques de l’inconscient d’être hors le temps et par conséquent hors la  raison. K. Abel explique, avec finesse épistémologique et bon sens et tout en répétant probablement sans le savoir  le Point de Progrès sans Contraires de Blake, que

Nos concepts sont nés de la comparaison.

Freud cite encore Abel : S’il faisait toujours jour nous ne distinguerions entre clarté et obscurité et, par conséquent, nous n’aurions le concept de clarté ni le mot lui correspondant. Tout dans ce monde est relatif, ayant existence indépendante pour autant qu’il soit différencié d’autres choses et par ses rapports avec celles-ci.

D’où Freud tire la conclusion qui justifie pleinement la justesse de son intuition interprétative :

La compréhension de la singulière tendance dans l’élaboration des rêves […] à exprimer des éléments antithétiques par le même élément de  représentation m’a été rendue dernièrement plus aisée par la lecture d’un travail du philologue K. Abel  […] qui nous procure la singulière découverte du fait que ladite pratique dans l’élaboration des rêves coïncide avec une particularité des langues les plus anciennes.

Ceux parmi nous qui nous demandons le pourquoi de l’importance que Lacan attache aux jeux de mots, trouverons dans ce petit bijou de Freud sa coïncidence ainsi que l’indéfectible et parfois mal comprise loyauté du disciple. Sans parler d’une conception structurale de l’inconscient que nous découvrons implicite sinon explicitée dans l’œuvre fondatrice de Freud. Laquelle se trouve renforcée, développée chez Lacan par l’enseignement de Ferdinand de Saussure, de Lévi-Strauss, et par la dialectique hégélienne.

Nous trouverons aussi et parmi d’autres la source de l’Unheimlich, de l’inquiétante familiarité par où Freud renforce cette particularité de l’inconscient d’être en lutte dialectique avec soi même. Je dis lutte parce que l’affect résultant de cette contradiction que l’inconscient semble ignorer, se manifeste toutefois par un inexplicable malaise:

Ce qui nous inquiète est la contradiction dont l’inconscient fait fi or qui caresse la conscience.

 

Elton Anglada

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