// - TODAY'S SPECIAL - Pas Sibony que ça
TODAY'S SPECIAL - Pas Sibony que ça

 

Pas sibony que ça!  -1-

délire diurne

karpozi  sarkoma 

Je commence par émettre une opinion. A vous de l'assortir à la votre.

   - Ce sera long ?

   -Sinon tu n'as qu'à t'arrêter de lire.

   -Délire ?

   -Délire? Peut-être. Je me demande parfois si ce que nous vivons n'est qu'un délire diurne, cette inégalité assez culottée pour se dire démocratie, ce règne de shylocks et seigneurs anonymes.

Comment est-ce possible qu'hormis quelques malheureusement sanglants soubresauts,  on se fasse voir et revoir depuis toujours par ceux qui, manque de couilles contrôlent la bourse? //

Arrêtez votre diatribe, please ! À la télé je vois Karposi, qui du ton appris du perroquet/

   -Karposi?

   -J'ai dit Karposi?                           

   -Oui. En tout cas, si vous parlez de celui du cancer de la peau, c'est Kaposi, pas Karposi.

   -Un lapsus… Je voulais dire Sarkozy, qui vient de proposer un plan pour Palestine-Israël. Un compromis, dit-il,  un truc intermédiaire.

   - Alors ?

   -Alors deux choses. La première est que ce "compromis" lui a été probablement soufflé par son conseiller et sherpa dans la matière, le discrètement fameux Jean-David Levitte. J'ai du mal à croire que le "Diplomator" tienne compte des intérêts des deux parties dans l'affaire. De surcroît, je ne vois pourquoi il changerait de politique maintenant, justement quand l'Eretz-Israël  est quasiment achevé.

Sarkozy répète que c'est "trop tôt" pour adhérer à l'ONU.  Or depuis plus de quarante années, de compromis en compromis, Palestine se réduit comme peau de chagrin. Quoique…celle du roman éponyme s'amenuisait à chaque jouissance, tandis que celle des palestiniens se réduit à coups de souffrance.

En sorte que bientôt il n'y aura plus besoin de compromis, manque de quoi compromettre.

   -Selon toi donc Israël n'a jamais fait de compromis ?

  -Jamais, selon moi donc.  Non, je me trompe: Israël s'est abstenu de déporter ou d'éliminer tous  ces encombrants palestiniens.  Or la chose est presque faite par le biais de compromis, justement.

T.S.Eliot avait raison, le monde finira "non pas d'un éclat mais d'un gémissement"...

notable comptable

Mais tiens, voici encore une de ces naïves interprétations dont je suis maître: J'ai remarqué que depuis quelque temps notre journal de fauche, Libération l'adroitement gauche/

   -Et le gauchement adroit, j'en conviens.

/s'est mis à déballer des histoires sur les amis de Sarkozy qui, à l'époque de la candidature de E. Balladur, trimbalaient des mallettes de sous pour sa campagne présidentielle; puis, plus récemment/ je ne me souviens plus quoi!/ ah oui!: l'attentat de Karachi, la vente de sous-marins au Pakistan et les fameuses retro-commissions.

Allez savoir! Secret Défense, quoi !

De toute façon, corruption et duplicité semblent  régner. Alors, et pour revenir à Libération, je ne peux même imaginer qu'un Rothschild puisse avoir le moindre penchant socialiste; je me demande donc pourquoi, maintenant, après l'avoir soutenu d'une habile tiédeur, Libération se retourne contre Sarkozy et remet au goût du jour ces vieilles histoires de sous-marins et de sous de dessous de table.

   -C'est que des proches de Sarkozy avaient été convoqués par la justice, couillon ! Ça c'est un scoop, ça se publie!

   -Quelle coïncidence ! Quel inopportun timing, n'est ce pas? Mais non, c'est que la donne a changé puisque DSK, leur poulain, leur notable comptable, quasiment élu avant les érections élections, celui dont la candidature avait été avancée par Sarkozy en personne -et de mon souvenir bien avant que les "socialistes" n'en parlassent- est hors course.

Alors, il faut plomber Sarkozy, lui mettre des bâtons dans les roues et promouvoir la victoire du nouveau commis socialiste et espoir des maîtres: Hollande donc, qui même maigri serait le seul à faire le poids d'un homme d'État.

Or je pense que DSK était dans le coup, et qu'en tant que troisième larron et dernier venu, il allait rafler la mise. En fait,  demain, Aujourd'hui confirmera mes soupçons (3 octobre) où Rosalie Lucas nous révélera que […] Jean-Marie Le Guen raille Hollande après sa rencontre avec DSK, fin 2010. "Je pense qu'il a dit à Dominique qu'il ne serait pas candidat face à lui, et il a fait dire le contraire à ses proches. Ça c'est typiquement François Hollande"//

soumis sionisme

prémisse promise

   -La France vient de voter pour l'admission de Palestine à l'UNESCO!

   -Ça c'est louche !

   -Comment ça, louche ?

   -Louche comme dans  "coup d'éclat à fins électorales". Je lis que Netanyahu est furieux contre la France, pays d'habitude d'un soumis sionisme. Pour punir les palestiniens de leur impudence d'avoir demandé, et pire, obtenu ladite adhésion, il accélère la colonisation et promet d'implanter deux mille cinq cents nouveaux logements à Jérusalem Est/

   -Cela aussi a été condamné par la France.

   -Oui… C'est louche, je te dis… Hier, tard dans la nuit, j'ai entendu un reporter (CNN) poser cette question à un homme politique : " Êtes-vous d'accord pour le droit au retour des palestiniens? "

Alors là! C'est comme si je te demandais si tu battais ta femme les jeudis.

   -Et pourquoi les jeudis plutôt que les samedis ou dimanches ?

   -Va savoir. Ça vient du Latin : Jovis dies : Jour de Jupiter. Or je n'ai jamais trouvé un seul exemple de violence conjugale chez Zeus, pourtant "le plus infidèle mari de l'histoire", comme nous le fit remarquer Robert Graves, je pense.

Zeus aimait séduire, non punir. Tout au contraire. En fin psychologue il se pliait au désir des femmes. Pour combler ton fantasme je deviendrai taureau, cygne où ce que tu voudras.

   -C'est mieux quand tu ne cherches pas à être rhapsodique, tu sais.  

   -Vrai. Quoique, je n'ai à chercher, je suis rhapsode de naissance. Et si ma sincérité ne passe pas, c'est que je suis, aussi, un piètre écrivain.

   -Pitre, tu veux dire.

   -Non, or laisse tomber. Ce que j'ai à te communiquer est plus intéressant. Il est question des mythes fondateurs, des langages inventés de toutes pièces et pas innocemment, comme dirait Lacan à propos des peuplades et langues primitives:

 

Il n'en reste pas moins qu'on peut se demander de quelle chair ces êtres qui sont d'ailleurs des êtres de mythe, enfin ceux dont j'ai mis le nom là: les Undeuxropéens lien, on les a inventé exprès, c'est des mythèmes.

 

Soit. Or les Indoeuropéens et leur fantomatique lexique, sont un commode moyen de relier les branches de l'arbre linguistique d'aujourd'hui aux souches d'hier dont on voudrait en faire ses socles.

Question de déterminer notre origine, puis prétendre à sa paternité.

D'abord  le maître s'approprie du présent, puis du passé. Vous devriez suivre les souvent délirantes et toujours intéressées étymologies qui relient l'Occident à l'Orient.

Ça va dans un seul sens:

Du déjà-là au parvenu.

Inutile par exemple de comparer notre âge culturel à celle des phéniciens –qui nous amenèrent l'alphabet phonétique; ou aux égyptiens, avec leur inépuisable panthéon de divinités, paradoxal berceau du premier, quoiqu'éphémère monothéisme dont selon Freud Moïses l'Égyptien est issu.

Ce malgré, je me sens captif de la seule culture hellène.

Il me vient parfois à l'esprit une divinité gréco-romaine, Artémise doublée de Diane, synthèse de la dualité qui à mon entendement caractérise la pensée grecque.

Freud écrivit un petit article inspiré par un titre de Goethe,  Grande est la Diane des Éphésiens (1911). Il n'est pas question ici du contenu, amplement discuté ailleurs –le texte s'y prête- sinon des représentations iconographiques des deux Diane, ou plutôt de la Diane gréco-romaine et de son versant "oriental".

Voici pour commencer l'Artémise selon Praxitèle :

001Artemise-Praxitele.png

Rien à redire de sa sobriété formelle ni de ce que le mouvement saisit en vol  nous dévoile -j'en parlerai par la suite- puis de sa représentation romaine

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évidement sortie de la même souche, quoique de loin moins réussie. Ce pourquoi Praxitèle est Praxitèle et les autres des approxitèlmations.

   -Alors quoi ? Tu n'apprécies pas ce léger porte-à-faux, ce décalage du centre de gravité qui suggère le mouvement?

   -Oui… C'est réussi, il faut l'admettre,  jusqu'au geste de la main qui s'apprête à sortir une flèche du carquois, geste calqué sur ce de l'Artémise de Praxitèle…

Puis, continuons,  de sa représentation éphésienne :

003Artemise-orient.png

À les comparer on a du mal à croire qu'il s'agit de la même divinité.

Pourtant…

Je ne vous parlerai pas des embrouillaminis ou avatars historiques de son temple à Éphèse, sauf pour dire qu'il avait été financé par le héros local, Crésus, qu'il fut détruit  pour la deuxième -or non pas la dernière fois- par l'infâme Érostrate le jour même de la naissance d'Alexandre le Grand, et que cette merveille du monde ancien servit au début en tant que banque, une première mondiale, pardi. Ce qui ne m'étonne, car la gloire de Crésus, c'était l'argent et les finances.

Par la suite le lieu fut investi par les chrétiens, Paul et Jean y sont, ainsi que Marie…

Justement le sujet par Freud abordé.

Enfin, que les similarités et différences entre les deux Dianes, tout en frôlant l'incongrue, sont emblématiques de la pensée grecque.

La première fois que j'ai entendu son nom dans ma mangue  langue maternelle c'était de la bouche de mon père, à propos d'une voisine:

   -Es una verdadera artemisa.

Je n'entendis alors la majuscule du nom sinon la minuscule de l'adjectif, comme qui dit ensorceleuse, par antonomase.

   -Ou comme Madeleine, pour dire pute/

   -Oui, or la pute avec un cœur véritablement cinq-étoiles, comme dit l'inimitable J. Sabina.

   -Oui, tellement cinq-étoiles que même le fils de Dieu, en la voyant, partit avec elle.

 

 

Ce fut bien plus tard que je lus ce nom avec la majuscule.

Je rajoute que le sens, tiré du ton et de ce que le visage de mon père dénotait, n'a pas été affaibli, sinon au contraire enrichi.

Tout cela se passa en Éphèse, ville au cœur de l'Ionie, une région de Turquie colonisée par les grecques quelques cinq siècles avant notre ère.

Chez les autres donc.

Alors, ce sont les hellènes qui exportèrent leur déesse, de même que les religieux espagnols amenèrent Jésus et Marie au Nouveau Monde. Dans les deux cas s'ensuivirent des altérations, iconographiques aussi bien que conceptuelles, par une sorte d'osmose où mythes s'infiltrent d'une culture à l'autre pour atteindre le confus équilibre d'une amalgame.

Regardons encore ce que ce saut transculturel donne sur le plan de la représentation ionienne  d'Artémise.

Rien à voir avec les familières sculptures grecques, et certainement pas avec celle de Praxitèle, que revoilà:

004Artemise-Praxitele.png

respectables représentants

Un corps sous pudiques draps que de la main gauche Artémise serre contre sa poitrine, tandis qu'avec la droite elle attache une fibule; corps pressenti d'une froide perfection, corps interdit, désiré donc, capable d'occasionner la mort d'homme.

Pauvre Actéon! Probablement le premier mort de fortuit puis irrésistible voyeurisme.

   -Dis-moi. Te souviens-tu de l'artiste gitan arrêté pour avoir peint Jésus en train d'être menotté par deux guardias civiles ?

   -Non.

   -Et bien, au procès le juge lui remontra d'avoir dépeint deux "respectables représentants de la loi" en train de menotter le Christ. Et l'artiste qui répond :             

   -Mais non, monsieur le juge, ils sont en train de le démenotter !

Alors, est Artémise en train de se vêtir ou de se dévêtir ?

En tout cas, comparez son corps en mouvement à celui de l'Artémise d'Éphèse, immobile, indécelable, corseté comme dans un sarcophage décoré de mystérieux symboles jusqu'à la coiffure qui évoque une caryatide/

Que signifie-t-il, ce plastron,  ou décolleté de seins ?

Mystère.  Peut-être la première qualité d'Artémise: des pouvoirs occultes tels que la phrase de mon père m'avait fait saisir. Si sa manifestation ionienne fait ressortir ce trait en premier, ce n'est que pour mieux faire ressortir la particularité de la pensée grecque dont nous sommes héritiers:

Coexistant avec la biologie humaine dont Gaia est l'étendard, or même avant l'apparition des autochtones, était le Principe.

Principe.

Ce n'est pas en l'occurrence l'un des noms de Dieu, ni l'Un tant mené par Lacan et malmené par d'autres, sinon l'antécédent, comme on dit d'Ouranos: Principe Masculin et Ciel, contrepartie de Gaïa.

Le propre de principes étant de s'exercer comme d'un homme bander, ils mirent au monde une vaste progéniture, et pour commencer, des monstres.

Nous verrons là par la suite un rudimentaire darwinisme -et parfois un certain eugénisme- dans ce sens qu'en partant des Hécatonchires, Titans et autres Cyclops par eux mis au monde, nous arrivons à l'idéal de la forme humaine telle ciselée par un Praxitèle, justement.

Je veux dire que dès le début la mythologie grecque confronta et harmonise idée et pulsion, principe et réalité humaine, ouvrant la voie autant à la philosophie qu'aux sciences exactes et à la psychologie. 

Freud choisit Œdipe pour illustrer une tendance universelle, en s'appuyant sur le théâtre pour étayer sa thèse; il ferma ainsi une boucle commencée durant ses études de lycéen, quand une  traduction de Sophocle lui valut une bonne notation.

Or il aurait pu aussi bien se fonder sur le premier des œdipes, Cronos, qui par mère Gaïa incité, émascula son père.

divine dévoiement

Par comparaison, il semble invraisemblable que le Dieu biblique n'ait de sexualité, alors que comme le souligne Lacan, Dieu nous enjoigne de jouir et nous pronostique une réussite comparable aux inchiffrables grains de sable?

   - Cette prophétie ne concerne pas les goyim, idiot.

   -Pourquoi pas? Jésus le Téméraire, encore jeune, osa interpréter et même  questionner ces mythes.

   -Comment ça ?

   -Comme ceci… Bien sûr, je ne connais le sujet de sa discussion avec les rabbis à quatorze ans, à peine passée sa bar-mitsvah donc, ni ne m'attarderai sur l'acte manqué à son origine sauf pour dire que ses parents l'avaient oublié au marché et revenaient au bled quand, constatant son absence, Marie rebrousse chemin et retrouve son fils assis sur un parapet  -proche du temple je suppose-  en discussion avec des rabbis.

Et Marie lui dit : Voilà toi! Ton père se faisait du mauvais sang pour toi!

Insidieuse déclaration, non ? Pourquoi n'était il venu le chercher ? 

Or le gamin  lui répond du tac-à-tac : Mon père est aux cieux.

Faut le faire, quand même !

  -Faire quoi ?

  -Confronter sa mère au mythe de son Divin Dévoiement et assumer le mythe de sa Sacrée Source.

A cet instant précis, et non sans une certaine malice, Jésus coupa formellement les ponts charnels et bascula dans le Symbolique. C'est-à-dire dans l'Idée, dont la chair est bétail détail.

Jésus assumait ainsi ses prérogatives d'adulte, du bar mitzvahed légalement responsable de ses actes, et, cela va de soi, responsable de ses dires.

Aux USA, et en passant, sous l'impulsion des évangélistes, ce marqueur talmudique  fait son chemin.

Bientôt on pourrait voir, pourquoi pas, un gamin, probablement à Texas, encourir la peine de mort.

Par la suite Jésus disparut jusqu'à deux ans avant sa crucifixion, quand il est réapparu pour accomplir son destin en donnant aux inquisiteurs l'occasion de réaliser le leur.

Le dent pour dent a une vie longue, c'est sûr, barbare symétrie qui fait appel à une loi binaire de raisonne-ment natur-elle. Passe.

Par contre, ce qui n'est pas acceptable c'est le cent pour dent qui invalide sa symétrie, ainsi que se passe en Palestine.

couille-molle

Plusieurs interrogations surgissent spontanément à mon esprit, l'une concerne la vengeance, plat qui se mange froid, puis/

Détour Don Rodrigo:                        

Je compare Don Rodrigo del Vivar, dit el Cid,  à Ulysse, roi d'Ithaque, marié, père de famille, rusé, courageux, patient et impétueux à la fois. Pas vraiment le guerrier genre Achille, plutôt  un intello de la guerre, as politique et admirable stratège doublé du fin tacticien.

Son plus est d'être  prêt à mettre sa vie en jeu, en faisant habilement pour ne pas la perdre.

Un homme entier, quoi.

Pareil pour le Cid, qui avec l'argent soutiré de préteurs juifs qu'il sciemment escroqua, forma une armée et reprit Valencia aux Maures.

Sa Troie, quoi.

Or, comme avec Ulysse, il lui fallait revenir à son Ithaque et régler par les armes un problème d'honneur.

À un certain point, au moment de lancer son défi aux infâmes Infantes de Carrión pour avoir déshonoré les filles du Cid, son ami Bermúdez cracha à un adversaire:

Fernando, lengua sin manos, ¿cómo te atreves a hablar?

Fernando, langue sans mains, comment oses-tu parler ?

Jeu entre langue, organe et langage, et main, organe et action; en l'occurrence l'inaction qui trahit lâcheté plutôt qu'impuissance.

Or, si tu parles, c'est déjà perdu.

    -Est-ce pourquoi tu es si tortueux ?//

    -Tiens, voici l'exemple du poor timing, de parler au présent pour combler l'inaction passée: Jack Lang révéla d'avoir voulu gifler Montebourg!

De toute façon, c'est une époque pleine de rebondissements: Cameron dit merde au plan Sarkozy-Merkel et Hollande, las je suppose d'être taxé de mou, annonce que, si élu, il renégociera leur traité.

    -C'est louche.

   -Attends ! Ceux qui avaient  réinstauré la constitution européenne rejetée par référendum, lui font maintenant la morale. Pour  un  peu ils lui feraient un procès pour trahison.

Je traite encore de la température de la vengeance, comme quand Jésus flanque les Marchands du Temple, et de la situation analogue de Moïse, qui en découvrant le Veau d'Or, détruisit le Décalogue.

Puis, sa colère apaisée, Moïse intercède  pour les Hébreux devant l'Eternel:

Mais maintenant, pardonne leurs pêchés! Sinon, efface-moi de ton livre que tu as écrit. Et l'Éternel répondit à Moïse: Celui qui aura pêché contre moi, je l'effacerai de mon livre. (Exode 32 :33)

Les éditeurs successifs du Livre interprètent le dernier verset comme signifiant pardon. La preuve tautologique par l'existence même du texte, semble là s'imposer.

Moi, simple lecteur, j'en suis moins sûr.

retentissant ratage

machine médicale plus :

penchants paranoïaques

Tenez, j'ai trouvé -en Australie, figurez-vous- mon tant recherché premier numéro de la Revue française de Psychanalyse. Le premier, qui comme par hasard contient un de mes écrits freudiens favoris, une perle, une merveille de concision sans concession, et sa première traduction française, celle pas encore enpîreameliorée sous l'empire de l'amélioration veux-je dire, celle de Mme Édouard Marty,  revue par  Marie Bonaparte.

J'ai un faible pour elle, classe jusqu'aux  bouts des griffes, même si elle tombe sous le charme mondain, impitoyable et idéologiquement intéressé d'une  crapule  de haut vol tel Lœwenstein.

De surcroît, la Princesse évoque pour moi une autre femme de trempe, Sabina Spielrein, analysante, masochiste, et amante de Jung. En d'autres termes, toutes deux admirablement folles.

   - Folles qui me font penser à Anna Freud/

   -Comment ça, Anna Freud ?

   -C'est la tendance masochiste qui fais tilt et lien là. La biographie de E.Young-Bruehl (Anna Freud : A Biography by Elisabeth Young-Bruehl, Summit Books, 1988) m'éclaira beaucoup sur celle-ci et autres sujets à propos d'Anna, or finira par aiguiser mon appétit au lieu de l'apaiser. C'est le défaut des biographies officielles, et c'est vrai que j'ai un grand appétit morbide pour le petit juteux, et, comme ça, presque en lisant entre les lignes, j'apprends par exemple du lien Anna/thème-des-trois-coffrets -lien que j'avais remarqué timidement par ailleurs et lien que je trouvai ainsi confirmé (p.61)- et bien, je m'en félicite. Et j'en ai besoin, chères amies et cartellistes, moi qui porte le destin de l'outsider, moi hors la religion in, comme on dit, celle du laïcisme, religion, la mienne, s'entend, pas assez cher payée justement du fait d'être religion.  

À ce que je lis ici et là, Anna n'était un enfant voulu…

Patricia Cupelloni, lectrice de Young-Bruehl et auteur d'Anna and her Father, concentra son intérêt sur le troublé destin d'Anna et commence ainsi son texte (je traduis): 

Anna Freud arriva au monde en Décembre 1895, née d'une grossesse aussi imprévue que non désirée.

Au paragraphe suivant elle cite la lettre à Wilhelm Fliess où Freud lui demande s'il objecterait si son prochain fils s'appelait Wilhelm, précisant que si c'était une fille, ils pensaient l'appeler Anna. 

Cupelloni continue:

Une femelle en deuxième lieu, un lui transformé en elle,Anna était née au milieu de plusieurs difficultés. Sa mère, qui avait donné naissance à cinq autres enfants les derniers six années, ne pouvait l'allaiter, et compte tenu de leurs réduites circonstances économiques, ils ne pouvaient même  payer une nourrice. Toutefois, sa naissance coïncidait avec ses avancées professionnelles, alors Freud aimait à croire qu'Anna était un talisman, un bon présage.

Enfin, qu'un éventail de circonstances traumatisantes s'est ouvert pour aérer son devenir : enfant non désiré, fille plutôt que garçon, laquelle, le comble, venue quand même au monde, ne serait pas allaitée par sa mère!  

   -Détecte-je le sarcasme ?

   -Oui.

En tout cas, la dernière née fut nommée après Anna Hammerschlag Lichtheim, fille d'un ami et, pendant un court période, patient de Freud.

symptôme sédentaire

Et pas n'importe quel patient, ce qui mérite un aparté :

Anna Hammerschlag était patiente de Freud, et une de ses favorites (Jones, Sigmund Freud, I p. 246), or  elle était aussi la sœur du gendre de Joseph Breuer, le notable médecin à Vienne avec qui Freud commença sa carrière, et  médecin de la  fameuse Anna O (encore une Anna!), Bertha Pappenheim de son vrai nom,  femme de trempe, activiste social, féministe, fondatrice de la Ligue de Femmes Juives (Jüdischer Frauenbund)et elle qui définira l'approche de Breuer comme une "talking cure", une cure par la parole, ou bien un "chimmey sweeping", un ramonage de cheminée; de très précises définitions de la psychanalyse, à mes yeux /

   -Dis-moi. Est-ce trop banal de remarquer que, surtout  pour une hystérique, associer la cure à un ramonage de cheminée dit tout?

   -Tout. Absolument tout, du "le plus banal" au "pour tout vous dire". Notre Bertha était quelqu'un, c'est clair. Cela ne me surprend qu'en 1954 la République Fédérale l'honore d'un timbre à son effigie/

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HELFER DES MENSCHHEIT

     -Un timbre pour la timbrée !

    -Tu ne pouvais pas t'en empêcher, hein ? Oui, honorée quand même d'avoir aidé l'humanité, d'avoir été une helfer des menschheit.

Au fond, Bertha se foutait pas mal des ramoneurs ou parle-guérisseurs en question, puisque ni l'un ni l'autre répondrait à sa demande…L'éternelle mécontente/

   -Ça se discute. 

nn    -Tout se discute, hélas. Enfin, que j'ai un faible pour le cas limite, dont je  pourrais faire éloge et apologie d'un seul coup; je mesure l'humain justement à l'aune  du cas limite, perfection d'équilibre existentiel qui démontre que tout finit bien qui commence mal.

    -Tu choisis le malade sur le guérisseur ?

   -Dis-le comme ça, mais… le guérisseur, tu sais, ça vient ça va. Parfois tu te demandes, ubi sunt ? Le malade par contre, c'est du stable et durable. Au fond du fond, quand on considère Freud ou Lacan -ce que je fais sans cesse- on se rend compte que le symptôme est sédentaire. Lacan disait pareil de son idole Socrate, et non pour le dénigrer. On peut considérer sa Troisième -la vraie élocution lien et non pas la contrefaçon textuelle au tranchant émoussé qu'on nous fourgue d'habitude- comme un éloge du symptôme. Pour sa part, en 1936, et sous prétexte d'écrire un éloge à R. Rolland, Freud nous explique comment de toute sa vie et jusqu'alors, il s'était battu avec le symptôme.

Je travaille les quelques pages de ce petit texte depuis des années… 

Consolons-nous donc, le symptôme est toujours bien-vivant. On pourrait même dire qu'une tendance historique telle le surréalisme, serait le testament au et du symptôme. 

Par contre, la  preuve de notre raison guérisseuse est que le malade en ait besoin et la demande.

De toute façon, oui, ce que Bertha dit sur ramonages et paroles dit tout, de la sublime cent-onzième piano sonate de Beethoven, par exemple, au banal passage à l'acte, par exemple aussi.

Il n'y a pas si longtemps que ça, en réunion avec une collègue, le dernier analysant parti et la maison silencieuse sauf pour notre conversation –l'ambiance et l'occasion s'y prêtant, il faut l'admettre- à maintes reprises elle ramena la conversation au fait que sa chaudière fuyait

La queue entre les jambes, il m'aura fallu lui dire que je n'étais plombier.   

Enfin, Bertha et sa maladie –un vrai banquet de symptômes hystériques, en passant : "une anesthésie des membres, des troubles de la vision, une difficulté à tenir la tête droite, une toux intense, un dégoût pour la nourriture et une hydrophobie, l'impossibilité de comprendre et parler sa langue maternelle  (l'allemand ; de ce fait elle s'exprimait en anglais), des "absences", de la confusion, des délires, et une altération de la personnalité"- maladie enfin qui se déclencha suite à la mort du père qui, comme Anna, elle avait soigné jusqu'à la fin, et qui -encore une coïncidence- se prénommait Siegmund.

doux dédain

Et bien, puisque cette histoire est faite de bouts qui se rejoignent (ou pas) ici-et-là, en voici encore un :

Siegmund Pressbourg, le père de Bertha, était un  riche marchand de grains à Vienne qui, après la mort de la mère de Martha Bernays en 1879, fut désigné tuteur de la future Mme. Freud.

Ce qui explique les liens amicaux entre Martha et Bertha ?

Ce décès et la mise sous tutelle de Martha qui s'ensuivit, renvoient à son père, dont nous  savons très peu, sauf que, "suite à sa banqueroute il alla en prison". (Ma traduction: http://psychanalyse.com/freud/freud-contemporary.php#Bernaysi.)

En tout cas, qu'à Vienne Freud fit connaissance de Breuer, condisciple et aîné devant Charcot, que sa première expérience clinique de ladite méthode cathartique et d'abréaction passa par lui, que la Bertha Pappenheim dont je vous parlai, le cas emblématique de la psychanalyse sous le pseudonyme d'Anna O -Anna, prénom, revenons-en, que portera la dernière fille de Freud- pour autant qu'elle accompagne son père Siegmund jusqu'à sa mort, Anna O fut, elle aussi, une Antigone, que/

   -Là t'exagères!

rapaces reproches

   -C'est vrai qu'afin de rehausser l'effet je tire sur les ficelles, or je n'invente rien. Tout ceci est si enivrant qu'une fois le nez dedans tu ne peux que suivre ces ficelles au pif. Et en passant, Anna Freud Bernays raconte dans l'éloge de son frère (p.340), que pendant son internat dans le service d'Ernst Bruecke à l'Hôpital General de Vienne, Josef  Breuer était un des habitués de la maison, ce qui, étant donné leur différence d'âge, peut surprendre. Enfin, que bien avant les fameuses réunions des mercredis le ton était donné : ils se passeront sous les auspices de  Freud.      

   -Écoute, que Freud ait cherché à s'approcher de Breuer se comprend, car ils ont Charcot en commun et puisque, somme toute, c'était naturel pour deux tels esprits d'abord s'attirer, puis se repousser… mais quand même ! Comment ne pas remarquer que l'un profita de la réputation de l'autre pour amorcer sa carrière/

   -Tu ne cesses de remarquer l'ambition de Freud.

   -Je me calque sur Lacan. Je ne me souviens plus où je l'ai lu, ni de sa formulation, seulement de son doux dédain en répondant au cliché d'humilité freudienne. Par la suite, il me parut obtus de ne pas l'avoir remarqué par moi-même.

dérisoire démonstration

   -Sans compter ce qu'Onfray nous révèle.

   -Je te parlerai plus tard de son bouquin, or je puis te dire qu'en lecteur de Freud  j'ai peu appris à sa source ni aimé le plat à sa sauce.

molécule magique vs. magique mot

Enfin, et pour en revenir aux coïncidences, 1895, année de la publication des  Études sur l'hystérie de Freud et Breuer, fut aussi l'année de la naissance de Anna et surtout du rêve de l'injection de Irma, lequel (cf. L'Interprétation des rêves), Freud précise avoir eu au matin du 24 juillet, et d'en avoir pris notes dès son réveil

La réponse à l'énigme du rêve est la clé du palais de la psychanalyse, Freud le soupçonnait, et il ne lui restait qu'à faire demi-tour ou d'y répondre.

Selon lui, le secret de sa science se trouverait donc dans l'élucidation d'un délire! 

Songez-y, car ce fut précisément par ce biais que l'inconscient fut cerné.

Par la suite Freud procédera à élargir ses frontières au-delà du rêve, à passer du délire nocturne de l'élaboration des rêves (1900) au délire diurne des actes manqués et des anodins oublis propres à la Psychopathologie de la vie quotidienne (1901),  puis à souligner, à marteler même, ce trait fondamental et jusqu'alors insoupçonné de l'inconscient, ça parle, dans  Le trait d'esprit et sa relation à l'inconscient (1905).

Enfin, que l'interprétation du rêve de l'injection est le moment de vérité pour Freud.

Il devra alors confronter ses intuitions aux exigences scientifiques, et surtout à celle qui consiste en la reproductibilité des résultats.

Aux mêmes causes mêmes effets donc.

Or son truc  baigne dans la subjectivité.

pré-prozac

supposés semblables

dodelinante démarche

Le medocphile par contre, trouve la  molécule magique et au diable les aspects subjectifs.

Ça marche, puis c'est tout.

   -Alors, un David Foster Wallace ne se serait suicidé/

   -J'y vois pas le rapport.

   -Probablement tu ne connais l'histoire de Foster Wallace. Elle est typique, d'ailleurs…

…Il y a plus de quarante années, dans une clinique huppée aux USA où je participais en tant qu'observateur et bénévole, je fis connaissance avec la "médecine orthomoléculaire". J'apprenais qu'au delà du baratin pseudo-scientifique, moléculaire, protéinique, vitaminique, lipidique ad nausée, la santé  se résumait à manger sainement, puisque on est ce que l'on mange.

Irréfutable.

supposés semblables

Le régime était surtout conjugué aux vitamines, et inclus l'injectable B-12, ce qui, malgré Linus Pauling, est moins évident.  

Je peux toutefois vous assurer qu'un bon régime alimentaire, surtout  combiné au  lithium, même pas encore cocktailisé avec le fluoxétine –je parle de l'ère pré-prozac quarante années en arrière- et ben, ça marchait.

Le dérisoire prix à payer pour la tranquillité et le bonheur de l'entourage était le tremblement de mains qui peu-à-plus s'installait chez l'intéressé.

Alors, dans une ancienne bâtisse de maître à l'abri des bois du charmant Mercer County, dans le New Jersey, on s'occupait des enfants de riche qui ayant pour la plupart passé par des institutions "traditionnelles" sans amélioration, venaient essayer le dernier miracle thérapeutique.

À l'époque j'avais entamé une analyse. Le névrosé bourgeois que j'étais je suis, s'imaginant fou et en proie à une indicible souffrance, s'intéressait naturellement à ses supposés semblables.

Je fus alors séduit par le portrait de Schreber que fit Freud, par ses prescriptions étiologiques, par sa nosologie…cela avant même de lire les exquises Mémoires de Schreber lui-même, puis l'apostrophe de Lacan, et de par là redresser, sans toutefois abandonner, mes opinions.

Enfin, qu'à titre "d'ami et conseiller", je fréquentais Earth House. (http://orthomolecular.org/library/jom/1985/pdf/1985-v14n02-p136.pdf)

   -Je ne te suis plus !

   -Pardon, je me suis égaré. Je voulais te parler de DFW, qui j'ai lu récemment, or sans m'en rendre compte parlais plutôt de Michael M, un patient à Earth House avec qui je m'étais alors lié d'amitié … Je m'adressais ainsi au problème de patients qui se suicident, ce dont certains malveillants accablent Freud.

Enfin, et pour continuer, pour autant que l'amitié soit possible entre un schizo-poético-paranoïaque-dépressif (lui), et un névrosé accompli (moi), je peux dire que Michael et moi étions amis.

Et bien, malgré les soins médicaux, malgré sédatifs, malgré psychologues et régimes-alimentaires-cure-tout, lui qui n'était pas diabétique, finira par se suicider par overdose d'insuline.

Le faire-part de sa mère fut véridiquement simple:

"Michael ne souffre plus".  

Enfin, que la tentation au suicide chez le déprimé, institutionnalisé ou pas, médicalisé ou pas, finit parfois par un passage à l'acte.

Inutile, sauf par malveillance, d'accabler le médecin ou thérapeute, soit-il Freud, du suicide d'un patient, soit-elle Pauline, l'épouse de son ami Silberstein, affreusement mit en avant par Onfray, justement, à titre de clou de sa dérisoire démonstration

hung himself

David Foster Wallace, DFW, revenons-en… 

J'avais commencé en vous parlant de lui simplement parce qu'il était un écrivain dont -souvent par dessein et toujours par accident- l'écriture était une fenêtre cadrée sur le paysage de la folie et ses dérivés culturels.

DFW revisite la psychopathologie quotidienne de Freud, sauf qu'au lieu de se pencher sur l'acte trivial qui la dénote, (lapsus, oublis etc.) il peint le panorama psychique des groupes sociaux dont l'obéissance se partage entre la banalité  des valeurs rabaissées au rang des conventions, et le triste attachement aux nouvelles traditions, pardonnez l'oxymore.

J'ai lu jadis un bouquin d'Arthur Vidich,  (Small Town in Mass Society) qui traitait justement du destin des  petites communautés  confrontées à la culture de masse, où il décrit très bien d'une part l'insidieux procès d'absorption et de l'autre le refus de l'admettre, l'opposant des nouvelles traditions. (Cf. http://www.lib.utk.edu/newfoundpress/pubs/vidich/chp8.pdf.)

Et bien, une nouvelle tradition peut hisser la banalité aux cimes des plaisirs spirituels, ainsi que facebook ou twitter nous le démontrent.

   -Tu ne twites pas, toi ?

   -Bien sûr que oui! @elton1937 c'est moi. Mais moi je suis sérieux et engagé, même dans le dérisoire!

Enfin, que les USA se vantent autant de leur capacité à innover que de leur attachement aux traditions de souche européenne.

"Melting pot", creuset, est une apte métaphore du cru pour se décrire.

C'est effectivement le moule d'un Pete Seeger, Woody Guthrie, Bob Dylan ou du David Foster Wallace en question, des artistes qui résument le mariage tradition/nouveauté dont je cause.

Or je veux encore et toujours -peut-être arriverai-je cette-fois-ci!- vous parler du dernier des précités: 

Le 12 septembre, 2008 au bout de plus de la moitie de sa vie de médocs, électrochocs et institutionnalisations, DFW se suicidait par pendaison.

Il avait quarante-six ans.

http://topics.nytimes.com/top/reference/timestopics/people/w/david_foster_wallace/index.html

Son père nous expliquerait (http://www.nytimes.com/2008/09/15/books/15wallace.html?_r=1&) que son fils  avait souffert de dépression pour plus de vingt années et que les effets secondaires des antidépresseurs qu'il prenait, surtout ceux du phénelzine, étant devenus insupportables et "conseillé par son médecin traitant", il avait arrêté le traitement.

Sévère dépression s'ensuivit. Des traitements alternatifs, or non pas pour la première fois, et inclus l'électroconvulsivothérapie, furent tenté sans plus d'effet.

La dépression s'empirant,  il recommença alors à prendre de la phénelzine et trouva que la molécule avait perdu de son efficacité. Il paraît, en passant,  que ce phénomène est courant, que comme une épouse vengeresse, une fois délaissée, elle refusera dès lors à l'époux les faveurs de jadis.

Pourtant, contrairement au cas de Freud avec Pauline, personne n'accuse le médecin-traitant de négligence ou accable la chimiothérapie d'inefficacité.

01-10-2012 – 07 :25

Mes prédictions pour Hollande se confirment.

Notre normal président est un normal loup déguisé en agneau.

 A droite-toute pour Copé.

Ratonnade anti Rom à Marseille.

Deux jeunes "pas connus de la police", lynchés pour un regard.

La crise continue,  en s'empirant même.

La crise pour les pauvres, s'entend, car pour les riches à son origine, tout baigne encore et toujours.  Pour preuve le marché du luxe, les bagnoles à deux millions/

   -Même trois avec la dernière Lamborghini !

   -Eh oui ! Tandis que d'autres ne peuvent même se payer le fuel pour aller bosser au boulot qu'ils n'ont plus.

C'est la merde.

Et ce n'est pas fini, car les victimes de cette escroquerie concoctée dans l'arrière cuisine de moult madoffs puis fourguée par financiers et "économistes"/ 

propriété privé

dévoué disciple

   -As-tu vu le clip de la Présidente du FMI, où elle nous incite à nous tenir les coudes, puisque nous faisons tous partie de vastly interconnected systèmes économiques ? 

Je me demande : d'où sort-elle  cette vastly redondante phrase?

Et qu'en pensez-vous de l'autre lumière, Barroso, également incompétent et servile en trois langues

me fait penser à un R. Lœwenstein en moins intelligent

et que dire de Cohn Bandit, closet-capitaliste qui hésite à sortir du placard

ou de DSK, persuadé que les nanas qui meublaient ses chambres d'hôtel n'étaient de prostitués sinon des amoureuses de sa prestance

de sa dodelinante démarche à la John Wayne 

de sa réputation au lit, peut-être?

Du pipi de chat comparé à ce qu'il se passe aux USA entre Romney et Obama.

C'est historique.

dernière denrée

Des milliards sont investis, c'est le terme qui con-vient, afin de manipuler l'opinion et donc le vote, selon les bien-rodées techniques d'un personnage dont je vous parlerai plus en détail par la suite, un dénommé Edward Luis Bernays, par deux fois neveu de  Freud : Fils d'Anna Freud -sœur de Freud-  et du frère de Martha Bernays, son épouse.  

Ce criminel-aux-gants-blancs est connu et admiré  -eh oui !- pour avoir inventé les "public relations", doux euphémisme pour dire manipulation des masses, celle chère à Goebbels, par exemple, ministre de propagande de Hitler et dévoué disciple du maître Bernays. 

Remarquez, car ce n'est pas par simple coïncidence, que Bernays profita de la dépression de 1929 pour avancer ses pions et que l'histoire se répète suite à celle de 2008, puisqu'il urge, maintenant comme alors, de mater à tout prix la révolte populaire qui bouillonne, celle qu'un  Mélenchon appelle de ses vœux.

Moi aussi, je l'appelle de mes vœux, cette révolte du vote.

Or je crains que ce soit trop tard, que la guerre contre les Bernays du monde est déjà perdue, qu'hélas nos enfants auront à acheter l'air, dernière denrée que les génies de chez Commerce & Industrie ne savent encore s'approprier, rationner et distribuer, tel que c'est déjà fait pour ce qui reste des richesses naturelles.

Souvenez-vous que le dogme capitaliste que les "libertarians" anglo-saxons nous fourguent, -pas plus libertaires que les radicaux de gauche du cru seraient de gauche ou radicaux- est le seul indiscutable dogme de la Constitution Européenne. 

Tout le reste est à voir et revoir.

Cela paraît d'une indicible bassesse pour notre vieille Europe, berceau d'autant d'idées nobles.

Cette "liberté" institutionnelle est pourtant son cœur, quitte à pouvoir dire son âme. 

Pour ce qui est des libertés individuelles, c'est comme je vous l'indiquais : ça se discute. Cela va de la "comparution immédiate" pour les petits délinquants à la "comparution au plus tard" pour les grands.

Les tribunaux et juges guindés et parfois même perruqués sont là pour ça, pardi, là pour protéger les bons citoyens. 

A quoi bon sinon, la Démocratie?

Or la relative magnitude des droits financiers accable les droits citoyens de leur insignifiance. Ce pourquoi je suis sûr qu'au moins pour commencer, revenons-en-au-pas-encore-exploité-oxygène, une  "taxe respiratoire" n'est pas loin.

Sûr aussi qu'après les élections aux USA toute ambiguïté sera levée et nous saurons clairement ce que nous vaguement soupçonnons :

Où, de Washington ou Tel Aviv, se décide la politique extérieure des USA ?

Quelle importance, question démocratie, au point où nous en sommes !

C'est fichu.

mirifiques molécules

paisibles pâturages

Alors revenons plutôt au rêve-devenu-paradigme que Freud voulait tirer au clair, le rêve dit de l'injection faite à Irma, dont je vous parlais plus haut.

Dans l'Interprétation des rêves Freud commence par un inventaire des efforts millénaires pour les interpréter, ce qui peut mener loin, ailleurs, et même à côté de la plaque, comme vous pouvez l'imaginer.

Ce qui l'intéresse particulièrement est la fonction du rêve, plutôt que sa traditionnelle valeur prophétique.

Il se pose la question clé: En quoi et comment rêver sert-il l'organisme? 

Or trouver la raison biologique, médicale du rêve, implique son analyse. Ce qui  semble aller de soi et ce qu'au demeurant la tradition scientifique confirmera.

Or voilà que, tel un phénomène quantique, le matériel onirique résiste à l'observation directe. On ne peut pas voir le rébus du rêve et le rêveur même, quand il arrive à s'en souvenir,  a du mal à le traduire en mots.

Ce malgré, Freud réussit à sa tâche, ramassa et organisa ses appris et déductions  et, dans une fièvre créatrice, composa le manuel d'interprétation onirique qui ouvre le vingtième siècle : L'interprétation des rêves

Par contre, la plaque qu'il aurait voulu adossée à sa résidence et qui expliciterait simplement la date du rêve de Irma et donc de sa découverte de l'inconscient, n'a jamais existé.

Toutefois, à titre de dédommagement et injure, une plaque d'usurpateurs psychiatriques vantant la santé mentale orne bel et mal ses murs.

caïphe-en-coulisses

délicatement discret

Enfin, et pour y revenir, la date en question sur la plaque untel-quelle –qu'en passant j'oublie-/

   -24-juillet-1895.

   -Merci Maurice! Cette date est précisément celle de l'interprétation du rêve de l'injection de Irma dont je vous parlais, déclencheur équivalent à celui de la mythique pomme newtonienne.

C'est dire.

Ce qui ne veut pas dire que ce-jour-là et à l'heure dite Freud avait tout tiré au clair sur les rêves ni sur ses mécanismes d'expression, sur leur rhétorique disons, et encore moins établit une corrélation directe entre un genre de rêve et sa signification, ainsi que le prétendaient oracles et aruspices. 

Les rêves restent chacun exemple unique, même si parfois Freud s'aventurât à trouver un trait général/

   -Par exemple ?

   -C'est banal, et de surcroît erroné, or par exemple que monter les escaliers en rêve signifie orgasme. Enfin, que l'analyse du rêve s'imposait, qu'ainsi qu'on fait une analyse cytologique au microscope, on fait une analyse parolière des rêves.

En d'autres termes, c'est le bordel.

Ce n'est pas aisé, je veux dire. 

L'analyse cytologique c'est du consistant, pardi, des cellules, microscope pour les observer, éprouvette ou boîte de Pétri pour les cultiver, et le tour est joué. 

Mais le rêve est l'affaire des impressions du sommeil, des images organisées comme de rébus qu'il faudrait traduire en mots pour les évoquer, puis retenir.

C'est ainsi que la parole ouïe fait office d'échantillon à analyser et la parole dite constitue la substance matérielle et le fil signifiant de l'analyse. 

Le rêve nous joue souvent des tours, or un sentiment persiste toujours que quelque chose, quelque supérieure instance que nous voudrions comprendre, s'adresse à nous par son intermédiaire.

Freud nommera cette instance l'Inconscient.

Il postule aussi ce qui semble raisonnable, à savoir que l'Inconscient désire.

Puis conclut que  le rêve est l'expression et la réalisation d'un désir inconscient.

La nouveauté consiste naturellement à redéfinir l'être humain en suivant les lignes du désir et non pas de la pensée, puis de rajouter au palais de la pensée plusieurs mystérieuses chambres.

Et voilà, en passant, le grand désaveu anticartésien que Lacan explicitera par la suite et que malgré leurs tièdes protestations les institutions concernées admettent à peine ou pas de tout.

Pourtant, ce désir que Freud nomme et que Lacan élabore n'est pas loin des anciennes traditions, de Socrate, par exemple, de ceux qui voyaient dans l'âme quelque chose comme une inspiration divine, de ceux qui, comme Lacan encore, peuvent traiter la pensée en tant qu'événement du corps complet, c'est-à-dire et avec tout son sérieux, que nous pensons avec nos piedsaussi.

petite prolepse

même moment

délicatement discret

Vous m'opposerez qu'un Lacan ne fait pas le principe. Et vous auriez raison. Je pense pourtant que son printemps aurait été celui à la plus riche floraison, celui qui fit progresser le schmilblick humain vers de nouveaux et plus paisibles pâturages.

Il aurait été, pardonnez ma niaiserie, cette étoile filante éteinte avant que nous puissions l'accrocher de notre souhait.

L'impardonnable aux yeux de ses inquisiteurs c'était sa religion, pas seulement chrétienne, sinon catholique et romaine.

La totale quoi.

D'où le vengeur sanhédrine de toujours, en l'occurrence itinérant et comme sorti du néant.

caïphe à la place de caïphe

mélodieuse monotonie

Habile inquisiteur et impitoyable exécuteur, notre Lœwenstein était pourtant moins doué question psychanalyse, discipline où il est délicatement discret sauf à exercer ses dons et droits sanhédrins -et que son esprit me pardonne si je me trompe- dans Psychanalyse de l'Antisémitisme, 1952.

pouvoir persuasif

façon formelle 

Du point du vue humain, et à en juger par son comportement envers Lacan, son analysant, Lœwenstein  était un impitoyable caïphe-en-coulisses.  Pour ceux qui s'y intéressent, tout cela est parfaitement explicité dans Ornicar ?, en supplément au n° 7 – du  01/01/1976.

Remarquons -et je tire sur ma fléchissant mémoire- que ce livre de Lœwenstein apparut en '52, c'est-à-dire au moment même quand le destin institutionnel de Lacan se jouait.

   -Et bien, l'as tu lu ?

   -Il vient d'être réédité, si je ne me trompe, et il me faudrait comparer la nouvelle édition à l'originale de '52, commencée, nous dit Lœwenstein, dans les années 40, laquelle j'ai bien lu, oui …

   -Alors ?

   - Je compare toujours quand je peux, tu sais/

   -Non non non! Compare pour l'instant ta réponse à ma question : quid du bouquin, l'as tu lu?

   -C'est assez/

   -dixit la baleine au cachalot?/

   -assez court. Ouais, je viens de te le dire ! Enfin, où est ta tête ?  J'ai lu ses 140 pages d'une si légère police que le livre me sembla kilogramme illisible autant qu'eternel. Bien écrit, résolument anodin et d'une mélodieuse monotonie sinon  d'une monotone lobotomie qui de son soupesé calme souligne la violence  des propos mieux que leurs grotesdétailsques  auraient pu faire.  

Afin je suppose de protéger le lecteur d'une trop violente rêvelation, le lien entre psychanalyse et antisémitisme annoncé par le titre, est solide-et-subtilement établi entre instances psychiques douées de fermes réputations éthiques et de plutôt discrets agissements.

C'est ainsi que le judaïsme, par définition le monothéisme-père, y assure par son rôle surmoïque, de la loi, de l'in-conscience morale, un contrepoids au rôle œdipien du fils, tel que Freud le décrit dans le Totem.

La métaphore du fils-christianisme qui détrône le père-judaïsme, est à peine esquissée, d'où justement son subtil pouvoir persuasif: Plutôt qu'insister sur le caractère meurtrier de la primitive dynamique fils-père, Lœwenstein brosse par-ci par-là des nuances psychiques ou historiques qui auraient pu contribuer à la destinée ancestrale du monothéisme original, et du prix à payer justement du fait d'être modèle.

   -Or enfin, c'est quoi la particularité du modèle monothéiste ?

   -C'est simple comme tout, et ancien, puisque comme je te disais, il remonte au deuxième coup de génie de Cécrops, qui instaura la patrilinéarité.

   -Et alors ?

   -Que la rengaine freudienne mater semper certa est, pater semper incertus, fonde la légitimité dans les gènes, et que donc gitan est l'enfant de mère gitane. Or une option culturelle opposée et à mon sens plus civilisée, celle de Cécrops, en attelant l'identité de l'enfant au père instaura la priorité de l'idée sur la chair.

Or je voudrais vous signaler, chères cartellistes, que si je ne me trompe, Lacan a des mots qui paraissent incongrus dans cet "envers de la psychanalyse"  que nous étudions or qui élucident justement ce point.

Enfin, et pour revenir à Cécrops, son jugement coïncide, mieux, détermine l'instant zéro de l'avènement d'Athènes, berceau de notre culture; je dis bien la notre et non pas ces usurpations sans doute valables, sans doute novatrices, et sans doute aussi insensées que postuler un Seul Dieu qui ne saurait être le notre, car toujours attaché à la biologie par le irréfutable biais du "mater semper certa", etc.

Curieux Dieu au visage masculin qui œuvre pour un véritable matriarcat!

Et ainsi depuis Abraham/

   -Et rebelote !

   -Je ne peux m'empêcher, c'est viscéral. Je n'aime pas le vieux Abe, sans parler de sa vieille ! Quand je constate l'imméritée adoration, le suivi de ce manipulateur kvetch et littéral master squeezer/

    -"Squeezer" ? 

   -C'est l'étymologie germanique de "kvetch", "presser", comme un citron. Sache toutefois que le kvetch n'est pas simplement un râleur, non, mais aussi un habile manipulateur qui se plaint afin d'exprimer la dernière goutte de la situation à son avantage.

Enfin, que je vois rouge.

Je ne comprends même pas sa côte chez Juifs et Musulmans, car en tant que modèle il est au mieux médiocre.  Je parle au niveau humain, des hommes et femmes de chair, bien sûr ; n'oublions pas que même si leurs traits sont exagérés au bénéfice de la légende, au fond Abe et Sarah forment un couple normal, typique et même banal: un mari libidineux malgré son âge et une épouse qui au contraire lui refuse ses faveurs à cause de la sienne.

   -Ma première femme me raconta un jour une de ses juteuses blagues juives de son inépuisable répertoire : Deux copines se retrouvent dans le métro quelques semaines après le mariage de l'une d'elles.

"Alors, demande Myrna, es-tu enceinte?"

"J'espère bien, lui répondit Hinda, je n'aimerais pas avoir à traverser l'épreuve encore une fois!"                        

Le surprenant était que le satyrique mari quasiment centenaire bandât encore et que sa frigide épouse, avec ses nonante années sonnées, puisse par la suite encore enfanter.

   -Oui, or tout cela par ordonnance de Jahvé.

   -Bien sur, et  j'ahvé même pensé que c'était justement le but de Sa prophétie : que ce sera Isaac, fils de sa mère, et non pas Ismail,  fils de son père, qui fera le covenant avec Lui.

   -Mais Ismail, le fils du père,  est promit dans la même prophétie, à une certaine gloire/

   -Oui, la gloire d'être au service des descendants d'Isaac !

Enfin, que souvent les sémites musulmans voyagent dans les valises des sémites juifs.

L'histoire du couple Sarai>Sarah et Abram>Abraham  se déroule en deux temps, avec un-avant-et-un-après-scenario-prophético-législatif qui lie l'appartenance religieuse à l'imbattable mater semper certa qui établit la toute-biologique légitimité  du matriarcat.

Je pense que quand Freud parle dans le Totem d'un période matriarcal suite à le meurtre du père, il évoquait à contrecœur sa propre histoire.

Et j'entrevois pourquoi Freud préférait Moïse sur Abraham, pourquoi il tenait la religion mosaïque pour source d'au moins un judaïsme, pourquoi/

   -Remember that joke after the '67 war?

   -What joke?

   -The one you're talking about sans peut'être le savoir, a full-page ad in the Times which maybe I imagine, but which I recall as a victorious tongue-in-cheek enticement for travelers to "visit Israel and see the pyramids", so arrog/

   -Here, I googled it for you!:

Monolithic Monotheism

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exigeants exégètes

Beyond its dubious humor, the  poster evokes the troubled relationship between slaves and masters in the context of a polytheistic background that for a brief and important moment for the people of Israel, according to Freud introduces monotheism chez les Egypt/

   -Brief it was, that's for sure! Not even two decades, according to some historical sources.

   -And the longer biblical scholars study the question, the briefer this period tends to become. At the end it'll be just a flash-in-the-pan irrelevant to our Monolithic Monotheism!

Maybe. But for the moment, I say citing Freud, that monotheism was first established in Egypt by Akhénaton/

   -Par son père, en fait.

/then offered to the rest of humanity by Moses the Egyptian, who instilled it to the people of Israel during the Exodus.

Cela, réduit à ses plus simples termes, est ce que propose Freud dans son L'Homme Moise, son dernier ouvrage et par lui considéré comme le plus important/

   -J'ai lu que ce ne fut pas son dernier ouvrage.

   -J'ai fait mieux, j'ai lu les publications posthumes des articles en question. J'en parle plus en détail ailleurs, or maintenant comme alors je dis que c'est une imposture  -non pas qu'ils ne soient de la main de Freud, ni même pas que par amour du travail, par habitude et discipline Freud n'ait pas reprit pièces de bien-jadis-inachevées; non, c'est sa plume qu'on lit, parfois juvénile, parfois fatiguée, parfois à la recherche d'une simplicité didactique qui lui permettrait enfin de dire comment prendre, comprendre puis appliquer la psychanalyse.   

Or ces écrits sont, permets-moi la comparaison, des "écrits écrans" qui servent à minimiser la portée de L'homme Moise.  Ils auraient pu être aussi bien écrits par un doué faussaire.

   -Tu penses à quelqu'un ?

   -Pas vraiment, non.  Mais en accord avec mes penchants paranoïaques je pense complot, car cela n'aurait pu être fait par disons Anna toute se/

   -Tu l'en croies capable ?!

   -Morale et techniquement, oui.  Le moment n'est pas venu, or j'ai l'intention de parler de la clique Anna-Lœwenstein-Kris-Hartmann+Bonaparte-Jones…Des conspirateurs au sein de la Maison Freud,  comme dans les temps héroïques des mythes. Je le dis comme ça puisque Freud même nous met le nez dedans en traitant Anna d'Antigone, de son Antigone.

   -Je vois pas le rapport.

   -Antigone avait pour mission de guider son père au lieu de sa mort. En tout cas, si l'intention de la machine institutionnelle gouvernée par les précitées cohortes était de nous faire oublier l'importance du testament intellectuel de Freud, de minimiser ce qui lui tenait alors à cœur et  jusqu'à  sa prochaine résurrection, ou réincarnation  -j'oublis le mot employé - enfin, que si telle était l'intention, c'est raté.

Puis, ayant vaincu l'opposition conjuguée des proches et lointains à sa publication, L'homme Moise devrait faire face à la riposte ordonnée des puissants-au-sein-et-souvent-aux-manettes des associations psychanalytiques. De mystérieux érudits genre Lœwenstein, ou bien sa projection-du-jour, un L. I. disons, dont l'humble prétention n'est pas de bouleverser le paysage psychanalytique en arborant une folle idée, sinon tout simplement de maintenir  praxis et concepts dans leurs orthodoxes rails. 

Et qu'avait proposé Freud pour s'attirer ainsi l'acharnement caïphesque et le courroux des siens ?

big bang

création continuelle

1-Que Moïse était un noble Égyptien, peut-être militaire d'Akhénaton

2-Que le Moïse biblique recouvre un deuxième Moïse, historique et sanguinaire.

3-Que Moïse est le premier dieu d'amour.

J'en conviens qu'il y a là de quoi s'émouvoir!

Que selon Freud l'histoire du bébé abandonné  aux eaux du Nile ne coïncide guère avec la tradition -mythique ou littéraire- qui recouvre ce type de sauvetage, passe ; que les époques Akhenaton-Moïse ne coïncident qu'à quelques décades près, passe encore, quoique comme je viens de signaler, pour certains exigeants exégètes –et en l'occurrence l'autorité en la matière par Lacan invité à son Séminaire, sans doute afin de se dédouaner de/

   -Et alors ?

   -Et alors quoi ?

   -Le verdict, couillon, le verdict.

   -En queue de poisson et avec toutes les politesses requises envers Freud, qui, selon le spécialiste, se trompait hélas sur les véritables dates des événements dont en dépendait sa thèse.

Mais enfin, ce qui compte le plus est cette idée farfelue de Freud comme quoi Moise n'était pas juif, et pas seulement pas juif, mais monothéiste, et pas seulement monothéiste mais circoncis selon la coutume égyptienne.

pointilleux penchants

Enfin, que tous les marqueurs culturels manquent à l'appel concernant les particularités des Hébreux et/

   -J'ai lu que l'existence même des Hébreux est mise en question.

   -Oui, et pas par des farfelus, mais par des rabbis et chachams. Professeur Shlomo Sand,  pour te citer le dernier parmi eux,  publia récemment un livre sur ce sujet au titre explicite : Comment le peuple juif fut inventé…

Si cela continue on risque d'arriver à la conclusion que les races héroïques ou martyres, les Hébreux et Aryens puisque nous y sommes, sont toutes les deux mythiques.

Enfin, Freud dit que Moïse n'était pas juif mais un noble égyptien du règne d'Akhénaton, Pharaon réputé pour avoir mené au bout la révolution théologique initiée comme je te disais par son père Amenhotep III, en instaurant officielle-quoique-brièvement,  le premier monothéisme connu.

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Akhénaton, dixième pharaon de la XVIIIe dynastie

Puisque la chronologie des événements est d'une importance capitale aux yeux des exégètes de la Torah, il m'aurait fallu me pencher sur la question afin de ne pas trop dire de conneries et heurter leurs pointilleux penchants. Je découvris  avec stupéfaction que le Mythe de Création hébreu implique un calendrier interne qui, à titre d'exemple, prime sur l'histoire des dynasties égyptiennes.

J'ai bien compris aussi, chères cartellistes, que pour ce qui est de Freud et par extension Lacan, la mythologie Grecque commence et s'arrête avec Œdipe.

Et c'est dommage.

Il est au contraire frappant de constater que dans la mythologie grecque la Vie se perde dans le Principe, comme si la vie était indistincte  de l'univers même.  Gaïa est autant la Terre que Mère, tandis qu'Ouranos est un déjà-là en tant que Principe Masculin.

   -"Là", que veux cela dire, qu'Ouranos était "là" ?

   -Et bien, tu sais que je suis friand autant de l'ontologie que de la tautologie, et c'est comme ça : Il n'y a pas de "création" à proprement parler, pas de big bang sinon un cosmos en création continuelle, dont la Terre, qui attende à devenir  Mère, puis Femme.

   -Le Big Bang ! Savais-tu que cette heureuse allitération sortit par ironie de la bouche de Fred Hoyle, astronome anglais qui pour soutenir sa propre cosmologie dite de "création continuelle", rejeta l'idée d'un quelconque "big bang"!

   -Oui, je le savais.

Dans la vision hellène de l'évolution la biologie n'est pas distinguée de la physique, l'histoire du mythe ou la science de la magie…

Enfin, et pour revenir aux événements vieux de trois millénaires dont les dates  survécurent aux embrouilles des calendriers égyptiens, hébreux et chrétiens, pour revenir au "à-peu-près" qui précisément suffit à invalider la question-devenue-affirmation de Freud :

"Et si Moïse était égyptien" ?

La réponse de Freud est sans ambiguïté, et en tout cas, le destin du judaïsme, soit par voie d'Abraham selon la Torah ou par Moise selon l'interprétation de Freud, se trouve lié à l'Égypte.

L'excellente idée d'un Seul Dieu  conjugué au contradictoire pour un Seul Peuple fonde sa pérennité sur l'usage  père-verse du mater semper certa, puisque cette certitude/

   -Dépassée de nous jours, en passant.

   -Tu parlais de la génétique, sans doute… Or ce dépassement est hors-sujet. Ce n'est pas parce que la paternité peut être aujourd'hui établie avec certitude par l' ADN que la chair serait plus importante que l'idée. Ce pourquoi les empereurs romains préféraient parfois nommer un fils adoptif en héritier spirituel et successeur politique.

Cette élégance d'esprit renvoie encore à Cécrops, premier roi d'Athènes et donc père fondateur des dynasties gréco-romaines.   

C'est comme disait l'autre : "la chair pourrit, l'idée nourrit", c'est si con que ça.

   -Qui est cet autre ?

   -Je, selon Rimbaud ou bien moi en tant que je. En tout cas, t'auras compris que cette liberté d'esprit n'arrange pas les affaires du maître qui afin de t'exploiter est obligé d'asseoir son droit sur un dieu certain, biologique, transmis par la mère depuis Abraham ; Dieu du maître, pas le tien, même s'il est censé être le Seul.

Et tant pis pour la contradiction.

Le Dieu du Maître ne t'aime pas. Or en même temps Il peut aimer un Caïphe ou, plus proche de nous, un filousophe tel BHL ou un délinquant sexuel tel qui vous savez.   

En tout cas, la leçon que j'en tire quand Lœwenstein amène, pour ne pas dire force la psychanalyse à participer dans son texte, est que la primauté de Jahvé-le-Père devient une insupportable injure à la secondarité de Jésus-le-Fils, ce qui mène ses adeptes à reproduire au niveau culturel le crime œdipien individuel.

Lœwenstein est assez délicat pour ne pas forcer le trait, or le lecteur comprend que comme pour les frères primitifs, le drame se joue sur la jalousie de l'aîné Caïn et la préférence de Dieu pour le benjamin, Abel.

En d'autres termes, que par une transposition hors-temps tout à fait consistante avec la nature de l'inconscient et de son composant sadique ("ça dit que"!), selon Lœwenstein les Nazis en voulaient à mort aux élus de Dieu.

Très bien, or il faudrait alors faire abstraction des trois millions de gitans, sans doute majoritairement chrétiens et en aucun cas juifs, qui furent aussi sacrifiés dans les mêmes conditions que ces derniers, et/

   -Il est très probable que Lœwenstein ne savait même pas pour les gitans, alors il faut être indulgent.

   -Justement le reproche qu'on pourrait lui faire. Et que moi je lui fais:  Il ne le savait même pas. Pourquoi? Comment ? Allez-vous me dire que les destins de ces deux peuples, tués aux mêmes endroits et par les mêmes méthodes, ne se croisèrent jamais ou pire, se croisèrent sans se voir ou sans laisser de traces dans leurs mémoires?  Non, je ne suis pas indulgent de cet oubli qui frôle la négation. 

 Bien sûr, ma référence sur ce point n'est pas la Shoa de Claude Lanzmann/

   -Cela me fait penser à Picasso. L'officier nazi lui demanda à propos de Guernica

008Guernica.png

    "C'est vous qui avez fait cela ?"

   Et  Picasso lui répond

   "Non, c'était vous."

/ Enfin, que ma référence serait plutôt Benjamin Littell et Les Bienveillantes, extraordinaire hommage à la vérité, historique aussi bien que mythique, littéraire ou psychologique ; ouvrage que Lanzmann avait commencé par rejeter puis par gracieusement accepter.  

En tout cas, l'opus de Lœwenstein vaut un titre qui dit beaucoup plus que le texte. Pour ma part, j'admire la sagesse du Chacham qui, délaissant ses propres appréciations psychologiques, préfère étayer son discours par celles des historiens  et sociologues.

Or cette humilité exemplifie ce que je cherche à vous faire saisir et ce que le lecteur de textes psychanalytiques aura probablement remarqué, à savoir que l'antisémitisme est autant dénoncé que non-analysé.

Je pense me souvenir  de deux occasions –ou d'une occasion deux fois remémorée- quand Freud nous dit que la judéité est au-delà de l'analyse.

Alors, peut-être que l'Antisémitisme l'est aussi…

Sans parler du fait que la versant talmudique et son opposé structural, c'est-à-dire l'Antigoyism, sont littérale et universellement ignorés.

   -C'est effectivement curieux, car dans les annales cliniques je ne connais qu'un seul cas où le sujet soit traité/

   -Et pour cause, puisque dans ces mêmes annales tu ne trouveras ni un seul analysant ni un seul analyste goy!   

Je parle des temps héroïques, bien sûr. L'antisémitisme est comme un leitmotiv. Et même un fil conducteur de la psychanalyse, pour autant que celle-ci s'identifie au père fondateur.  Je suis parfois sidéré par la subtile gamme de ses manifestations et par ses plus ou moins imprévisibles conséquences.

   -Je ne te suis pas.

   -C'est simple et complexe à la fois. Reconsidère le fait que pas un seul membre du cercle psychanalytique originel était non-juif.  Pas un. Reconsidère le fait qu'on ne lui connaît à Freud un seul ami non-juif. Pas un. Reconsidère le fait que malgré l'antisémitisme ambiante et les circonstances réduites des parents de Freud/

   -Réduites, c'est le cas de le dire ! On pourrait presque comparer sa romantique naissance avec celle de Lincoln, sauf que le "log-cabin" où eut lieu l'accouchement  est ici une chambre louée à l'étage d'un commerce du village.

   -Sans compter avec la personnalité du Jakob, père de Sigmund. Un personnage de roman, lui, un vrai mensch comme on dit, un mec qui au fil de mes lectures et malgré ce que on voulait me faire avaler sur lui, me semblait toujours de plus en plus humain, de plus en plus quichottesque, de plus en plus sage, ironique; un mec trois fois marié, –ce que, en passant, les pudiques biographes cherchent à brouiller, et l'un dit deux et l'autre trois fois-  commerçant en laine qui faisait ses affaires de village en village au gré des marchés, admirablement habillé  en juif hassidique tel celui-ci:

009Varsovie193--.png

Varsovie 193?

Un homme éduqué au sens le plus intime culturellement, puisqu'il connaissait l'hébreu et même l'écrivait, et par ailleurs pour sa connaissance de la Torah.   

   -C'est bien vrai qu'un tel couvre-chef prend de la place sur un étroit trottoir !

   -Qu'est que cela a à voir avec le prix de la laine ?

   -De la haine ! Rien du tout ! Or revenons à nos moutons. J'étais parti sur ce traumatisant incident et, à en croire Sigismund/

parricide princeps

têtus teutons

     -Dis, t'es tu  jamais penché sur ce nom?

   -Oui, j'ai fait mieux que de m'y pencher, je suis même tombé dans une farfelue recomposition  sémanticorthographique  -respect-tueuse toutefois des rudiments germaniques- par où j'arrivai à Sieg-ist-mund, ce qui avec quelque bonne volonté donne "victoire de la bouche".

Victoire par antonomase de la parole donc, ce qui convient à la psychanalyse autant qu'au cancer oral dont souffrit Freud pour une vingtaine d'années.

Puis j'élaborais la théorie de comment le nom de Sigismund renvoi au héros de Calderón, fils du roi destiné au parricide que reprend à son tour Sophocle. 

Je  remarquais au passage que ni Sophocle, Calderón ou Freud, ne firent la moindre référence à Cronos, fils de Gaia, père de Zeus et premier œdipe -pardonnez l'anachronisme- qui, par Gaia commandé, châtra son père Ouranos.

En tout cas, je suis persuadé que si Freud prit la peine de changer son nom de Sigismund à Sigmund, c'était afin de gommer toute association entre le futur découvreur du complexe d'Œdipe et du secret du rêve- et l'Œdipe-du-happy-ending, celui de Calderón, auteur qu'il recommandait par lettre à sa future poupouse  (Jones, Sigmund Freud , puf,  I, p.192)/

   -Es-tu en train de me dire que Freud recommanda La vie est un songe à Martha ?

   -En quelque sorte…J'en suis même persuadé. Or comme il arrive souvent, il faudrait voir comment le servile homme de paille, le goy-venu-remplacer-le goy parti/

   -Tu parles là de Jung ?

   -En effet et dans l'ordre, d'abord Jung puis Jones qui/ enfin, qui dans sa biographie de Freud commandée par Anna et dont le contenu  -ainsi qu'à l'occasion elle s'en vantait-  était sous son étroit contrôle; enfin encore, qu'il est question là  du Calderón, l'auteur,  et non pas de La vie est un songe, ouvrage-phare qui brille sur l'îlot de l'absence.

   -Où puis-je trouver ces renseignements ?

   -Je ne devrais pas vous le dire, pour ne pas gâter le plaisir de votre lecture. Surtout que je suis aussi sûr de l'avoir lu de source irréfutable qu'incertain de laquelle… C'est toutefois vrai que ça colle, qu'à la lecture des faits cela me semblait plutôt confirmation que révélation, que tout ce qu'on me racontait avait le goût du vrai, de ce qu'on pouvait attendre des personnages en question, le goût de lire de façon aléatoire et surtout, surtout, le goût délire ce que la machine institutionnelle de moins en moins subtilement déconseille ; car amies cartellistes, il suffit d'avoir lu le livre de Jeffrey Moussaieff Masson, The Assault on Truth (1984)  -lequel en passant vient d'être édité en français avec un titre à défier toute envie : Enquête aux archives Freud, des abus réels aux pseudo-fantasmes-  enfin, édité trois décades trop tard, ce qui explique peut-être pourquoi ce livre-père-du-sien n'est pas cité par Rejeton Onfray.

Mais enfin finalement, il  aurait suffit de la plus sommaire lecture de Masson pour saisir la fibre morale d'Anna ne//

Ouais ! Voici un petit triomphe sur l'alzheimer: J'ai lu de tout cela dans l'excellente biographie d'Elisabeth Young-Bruehl, aussi officielle que celle de Jones…  

En tout cas, j'imagine bien Anna Freud dire à Jones:

   -Calderón d'accord, Jones; or ne parlez  ni d'Œdipe ni des rêves, et naturellement pas de Sigismund/

   -je ne dois pas parler du changement de prénom ?!

   -Non dans le texte. Vous pourrez noter la date du changement dans une "page-chronologie", par exemple

Or laissez au lecteur le plaisir d'imaginer, les joies de la recherche impossible à aboutir, les mystères des ruelles sans issue…A quoi bon tout lui dire ?

Et ainsi fut-il fait :

010chrono.png

La date du changement de nom est 1878, ce que perturbait une petite idée que j'avais derrière la tète à propos du changement onomastique,  lequel j'associais à sa découverte de Calderón et de La vie est un songe, et au nom éponyme du songeur en question. 

Enfin, 1878, c'est-à-dire cinq années après la rentrée de Sigismund à l'université.

Malgré des enquêtes par-ci par-là, je ne suis jamais parvenu à savoir si c'était un changement officiel ou officieux sans conséquences administratives.

Or j'admets de vite me lasser de ce genre de recherches, surtout quand les possibles détenteurs des documents en question sont de têtus teutons ou pire encore, des hollandais –langage désoblige- qui, figurez-vous, détiennent une insoupçonnée mine de documents concernant Freud, parmi lesquelles j'espérais trouver le manuscrit de l'avant-dernier bouquin lu par Freud, The Emperor, the Sages and Death, une merveille d'élégance, poésie et connaissance écrite par Rachel Berdach, né à Berlin en 1878. lire article

   -Tiens, 1878, l'année quand Sigismund devint Sigmund!

   -Je dispute cette date, justement, or à vrai dire mes preuves son minces. En tout cas, Rachel Berdach mourut à Baden, Suisse,  en 1961. Je disais que j'ai voulu trouver le manuscrit ou texte que selon Schur, Berdach avait amené, et Freud lut.

Je fouinai méticuleusement et par maints biais -au cas où le manuscrit aurait été mal rangé- le catalogue du musée Freud à Londres, les Archives, puis les documents à la Library of Congres, à Washington, ainsi que ceux à l'Université de Texas, à Austin, -laquelle curieusement abrite une extensive collection de documents et textes relatives à la psychanalyse.

   -Alors ?

   -Alors je trouvai plusieurs documents que pouvaient répondre à la délirante question que voici :

Est-ce que The Emperor, the Sages and Death  est un vrai livre, ou simulacre ?

   -Et pourquoi te poserais-tu une telle question ?

   -En partie grâce à ma personnalité, puis parce que le contexte et les noms bibliques s'y prêtaient;  sans parler du fait que dans la mystification subie par le Jacob biblique, lui qui se maria avec une femme voilée qu'il tenait pour la bellissime Rachel mais qui était en fait Leah,  la moins belle sœur aînée qui devait être mariée en premier et /

   -Voilée comme les musulmanes ?

   -Bien sûr, et comme jadis les juives et chrétiennes elles aussi. Mais quand même, cela ne te dit rien, Salomé et sa danse des sept voiles, pour mieux s'offrir la tête de St. Jean Baptiste ?/

  –Tout cela n'est que de la mythologie chrétienne !

   -Jolie phrase, mythologie et chrétienne… Sans doute, or mythologie toutefois dans la lignée du mythique prototype juif du genre… Je parle de l'infâme Dalila et de son traître rapport avec Samson.

Enfin, que dans la mystification subie par Jacob il apparaît que ce genre de manipulation allait de soi, faisait partie du répertoire divin et avait sa place consacrée dans la Torah.

Puis il y a une impression que je ne saurai justifier, or il est un fait qu'à la lecture du bouquin de Schur  -médecin personnel de Freud qui faisait partie de la maison de Londres, qui soigna Freud jusqu'au moment ou il le pria d'abréger son insensée souffrance en mettant fin à ses jours comme convenu, ce que Schur fit par overdose de morphine étalée en deux fois.    

Mais revenons à l'histoire de mes infructueuses recherches : Je trouvais que sans exception et jusqu'à cette année de 2013, ces dépôts resteraient fermés au publique, dont moi.

Or je n'ai plus envie de renouveler mes demandes, cela m'est égal de savoir s'il est question ou pas d'une mystification et de qui/ tenez ! de Theodor Reik, qui écrivit l'introduction pour l'édition anglaise.

Ne me demandez pas pourquoi lui, car je vous répondrais simplement que parce que question talent ou folie créatrice, il le pouvait ; ne me demandez non plus si c'était le travail d'une Rachel, Berdach et non pas bardache, cet "homme-femme au statut spécifique dans les communautés amérindiennes" qui cadrerait si bien avec mon délire, surtout que comme je viens de vous le raconter, l'identité de la Rachel biblique promise à Jacob avait été usurpée par sa sœur aînée pour leurs noces -encore un simulacre !- ce qui donna encore du grain à moudre au moulin de ma paranoïa.

En consultant, juste au cas où, l'infâme "liste des schädlichen und unerwünschten  schrifttums von 1938 von den Nationalsozialisten verboten" la "liste des indésirables et nuisibles interdits par le national socialisme " donc -dont la dixième règle directive d'interdiction inclut Rachel Berdach en tant que "auteur juif dans n'importe quelle discipline": (Die Literatur jüdischer Autoren, gleichviel welcher Gebiete)- en consultant ce document donc,  je tombais sur un nom qui me parlait: R. B. Bardi.

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Rachel Berdach

Alors, puisque le bouquin de Schur était à l'origine de cet embrouillamini, je me suis dit d'y revenir.

La seule vue de l'adresse de la lettre de Freud cataloguée  sous la rubrique  "à Rachel Berdach (Bardi)" -  

(London N.W. 3 December 27, 1938

Dear Madam (or Miss?) Your mysterious and beautiful book has pleased me to an extent that makes me unsure of my judgment. I wonder whether it is the transfiguration of Jewish suffering or surprise that so much psychoanalytical insight should have existed at the court of the brilliant and despotic Staufer [Friedrich II, Von Hohenstaufen] which makes me say that I haven't read anything so substantial and poetically accomplished for a long time!

And with it such a diffident letter! Can it be that your modesty causes you to underrate your own value? Who are you? Where did you acquire all the knowledge expressed in your book? Judging by the priority you grant to death, one is led to conclude that you are very young.

Won't you give me the pleasure of paying me a visit one day? I have time in the mornings.

         Yours very sincerely Freud)


-me mit au courant de ma bévue: R.B.Bardi, alias Rachel Berdach était bien l'auteur du livre. Grace à cette information je découvrais vite qu'une version digitale du livre était en préparation, et que les nazis avaient bien fait leur besogne, car je ne trouvai un seul exemplaire mis en vente du livre sorti en 1937, comme moi de la matrice maternelle, et brûlé l'année suivante avec tant  d'autres.

Je trouvai à la Brandeis University Library une copie, dont je pourrai commander le microfilm.

Je le ferai, or j'aurais bien aimé tenir le livre entre mes mains, tourner ses pages…

J'espère qu'une copie sera un jour mis en vente et que, qui sait ? je pourrai l'acquérir.

 

Pas sibony que ça! -2-

 

Je vous parlai bien plus haut de la Princesse. Des mauvaises langues vous diront que dire Bonaparte c'est dire Lowenstein, le supposé analyste de Lacan,  qui dans le coup de/

   -Supposé ?

   -Eût-il été à la hauteur nous n'en serions où nous en sommes. Son devoir était d'aider Lacan dans ses efforts pour sauver Freud des/  

   -Et par la même occasion sauver Lacan aussi?

   -Lo cortés no quita lo valiente. Lacan entra en scène par le retentissant ratage de son Stade du miroir, dont la lecture princeps avait été interrompue par l'ineffable E. Jones. Le moins qu'on puisse dire c'est que si Jones avait lu l'écrit, alors non seulement il n'en avait compris mot, pire encore, il n'avait été touché par son éloquent mystère.

Sot et insensible, ça fait trop pour celui qui dirigea notre destin. 

Pourtant, cet écrit fondateur de Lacan ne fait que coïncider pour l'essentiel avec l'affirmation de Freud que le moi est systématiquement lié au corps –ce pourquoi, et entre parenthèses, ce moi conscient qu'à l'occasion Freud compare au chevalier qui dompte le cheval pulsionnel, est à distinguer du moi dont Freud affirme catégorique: Nous savons cependant que le Moi est également inconscient.

Freud parlait alors de surfaces psychiques, du superficiel donc, du conscient et préconscient, des perceptions externes et internes et de leurs liens à la "perception-conscience", parlait du noyau de perception préconscient qui s'appuie sur des traces mnésiques.

beau bourgeois

La trouvaille géniale de Lacan fut d'amarrer ces traces mnésiques à la mémoire visuelle, en l'occurrence à celle, -inopinée, il faut bien dire- du criquet pèlerin, dans la dynamique voir-être-vu.

Par là Lacan remonte l'arbre phylogénétique et comme par magie relie éparses formes de vie.

Le terme employé pour décrire cette vision, est Imago. C'est-à-dire, forme accomplie.

Puis il nous offre la preuve clinique de ce qu'il avance, car nous pouvons observer ce mécanisme d'identification moïque dans un unique moment jubilatoire quand, face au miroir, le nourrisson se reconnaît en tant que projection accomplie de son espèce. lien

Il saute aux jeux yeux que nous sommes là dans le mystérieux rapport avec le Surmoi qui fait de nous hommes.

Ce pourquoi le moi corporel, individuel, au contraire du moi immémorial, ne saurait être un intermédiaire valable en analyse.

Et là, chères amies, en tant que thérapeutes, il faut trancher : Soit nous domptons la bête pulsionnelle qui naturellement veut dégommer le maître, soit nous cherchons dans le fond du commerce surmoïque afin de  faire ressortir ce qui est là, ce qui se manifeste au moment jubilatoire face au miroir dont je viens de parler.

Or cela conduit inéluctablement au mot amour, inadmissible pour trop de nous. Amour qui contredit la pulsion le maître craint sur toute autre chose, pour peu qu'elle se manifeste à son égard, et qui donc nécessite son domptage.

Pour le maître tout tout tout est préférable à cette niaiserie d'amour que de toute évidence il méconnaît. 

Une tendance sentimentale et/ou opportuniste, voudrait à tout prix insérer la mère dans cette rencontre fondatrice du Moi avec son Surmoi. Commode tiers parental du point de vue de la convenance thérapeutique, et le con y vient.

   -Je ne te suis plus.  

   -Ce n'est mon intention de minimiser le rôle du parent dans la formation de l'enfant, ni de nier ou même minimiser "l'assez bonne mère" par Winnicott signalée; or le fait est que dans la rencontre spéculaire elle est accessoire et pourrait bien être hors yeux  jeux, c'est le cas de le dire. La découverte du nourrisson -paradoxale, j'en conviens- implique autant la grégarité de son espèce que l'indépendance par rapport au corps de la mère, tenu  pour extension du sien. Voyez aussi dans ce flash narcissique une renonciation d'objet à laquelle la mère se serait invitée en témoin. 

Ce n'est pas pour rien que Lacan prend soin de signaler que le nourrisson pourrait bien se trouver tout seul  -et je rajoute, de préférence- dans son trotte-bébé.

Et cela au nom d'une expérience sans partage.  

J'insiste ailleurs sur cela, or notre champ préfère l'ignorer.

Tant pis.

Ce que le nourrisson voit peut se concevoir comme gestalt, terme par Lacan  utilisé, or il ne voit la surface totale de son corps. Il voit son endroit, c'est sûr, et cela le bouleverse de s'imaginer membre accompli de son espèce…or il ne voit son envers, il ne sait des traits là inscrits, ou pas. Pourtant, il doit bien avoir comme un pressentiment, implicite dans ce moment jubilatoire… c'est même obligé, voyons.

Et, justement, nous travaillons sur l'envers de, sur ce que nous ne voyons de nous-mêmes, ni de la psychanalyse, or ce qui dans le mouvement de foule, par exemple, détermine notre comportement.

Je n'oublie le moment hystérique historique de la parution du séminaire, ni le fait que sa couverture ait été ornée par la photo du notoire 'Danny le Rouge' (ha !) en train de faire le beau face à l'autorité.

Pour un peu on le croirait révolutionnaire.

atterrés atterris

Et bien, au-delà du pressentiment et de l'imaginaire, ce qui manque au nourrisson c'est la certitude. Cela viendra plus tard, et d'ailleurs quand il faut.   Considérons alors cet invraisemblable et à mon avis logiquement irrésoluble dilemme des trois prisonniers par Lacan proposé.  Commençons par ce trois : Lacan nous fait remarquer que tres faciunt collegium, c'est-à-dire communauté; considérons encore que la solution arrive en trois temps. Pensons à Freud et ses trois coffrets, et à la Troisième de Lacan.

Dans tous les cas il faut entendre que la troisième est toujours la première, telle la mort que, selon Freud nous languissons.

Alors, il y a urgence.

Cet épilogue à Le stade du miroir illustre un seul ordre, celui de l'équivoque sur lequel nous fondons autant notre science que les rapports avec nos pairs. Il complète l'idée d'appartenance au genre humain, initiée par le nourrisson au moment de se reconnaître en tant qu'individu grégaire, joli paradoxe, sans pourtant trop savoir encore de son statut social dans ce groupement, or il part d'un pied d'égalité.

Cela se passe derrière son dos, pour ainsi dire, et c'est crucial qu'à ce moment d'élan libertaire il admette -par an acte quasiment de foi-  une totale adhérence à son genre.  

Et ça, les amies, c'est le genre animal.

Il est le moment de vous faire saisir un autre envers de la psychanalyse, un qui fait presque abîme entre Freud et Lacan sans pourtant abîmer ce dernier. Comme vous savez, Freud avait trouvé dans le revers des rêves le désir inconscient, de l'Unbewusste, ce dont Lacan s'amusait d'un trait d'esprit en le traduisant par l'insu que sait de l'une-bévue s'aile à mourre.

Cela a fait beaucoup jaser et même jacasser, cette traduction, or enfin, pourquoi pas? Pourquoi ne pourrait-t-il l'insu qui sait de sa bévue soit mourir soit jouer ? A mes oreilles autant que à mon entendement il faut  prendre la phrase côté syntagme, comme qui dit celui qui n'est pas d'accord aille se faire voir, ou bien, en poussant un peu la consonance, qu'il meure ou même, plus littéral,  qu'il aille jouer mourre. (voir : http://www.valas.fr/Jacques-Lacan-l-insu-que-sait-de-l-une-bevue-s-aile-a-mourre-1976-1977,262 )

Naturellement, je m'amuse -activité que je ne prends à la légère. 

Or derrière le jeu pointe le nez le sérieux: Les ravages de l'Unbewusste, terme qu'il vient de "traduire" -c'est lui qui le dit- par son élan presque lalanguesque qui donne 'l'insu'.  Cela me surprend, sachant aussi bien que vous qu'il parle du "mythe de Freud" dont les fondations phylogénétiques, ainsi que son enchevêtrement avec le Ça et le refoulement, sont à trouver dans les événements narrés dans le Totem.

C'est-à-dire quelques treize millénaires en arrière.

mystérieux mythe

Je tiens donc ces événements en tant que métaphore d'un événement qui à un certain moment de notre histoire, s'était produit : le meurtre du père primitif  par ses fils.

Vu sous cet angle dates deviennent presque dérisoires.

Deux choses comptent pour Freud : En premier lieu que l'action colle chronologiquement avec sa suite - L'homme Moise- et deuxio que tout cela explique du même trait autant le complexe d'Œdipe que la formation de l'Inconscient et son cortège du Ça et du Refoulé.

Sans parler de la Religion.

C'est ainsi que père Freud explique la genèse du désir, ce dont à l'occasion il se vantait, nous faisant remarquer que seule sa science pouvait l'expliquer.

Or tout cela mettait Lacan dans l'embarras, pour qui, en tant que chrétien/              

   -Horreur ! Hérésie ! Chrétin !

   -Youpi ! Au moins question racisme je peux compter sur toi. Par contre, comment cela se passe, question un bon steak ce soir ?

   -J'ai fait des réservations pour neuf heures chez Foxy Lady.

/Pauvre Lacan! Pour lui le trait dominant de l'inconscient c'est qu'il parle, trouvaille pour laquelle il ne cessa de remercier Freud. Du coup il mettait l'inconscient côté symbolique, plaçant ainsi son pauvre entendement, les lobes entre deux cas, comme le cul de l'indécis entre deux chaises. Pourtant il me paraît normal et même nécessaire que le fond humain soit l'âime, celle qui tôt dans son parcours Freud reliait au psychisme à titre d'interlocuteur clinique, puisqu'ainsi nous l'apprend leur mystérieux mythe, il n'est de Psyché sans Amour. D'ailleurs les mots Seele (Âme) and Psyché sont strictement synonymes en allemand. J'entends bien que les prophètes de la Religion Laïque //

((LIEN ICI M'ARRACHER LES DENTS Il y a plus de trente années que je n'ai pas une dent à moi dans la bouche et voilà que j'ai mal aux dents/

   -Cela s'épelle h-y-s-t-é-r-i-e.

   -Bien sûr. C'est même très à la mode, l'hystérie.   Les médicaux qui ont trouvé moyen de confiner le symptôme au corps s'y régalent. Pour eux c'est tout du bénef…Au fond, ils ont raison, les médicaux charcotiers aux couteaux chimiques. Mais moi elles m'emmerdent, ces dents que j'ai si cher payé …Peut être que leur absence me fait signe que je perds du mordant, que je m'émousse dans ma douleur fantôme pour contrer l'échéance. C'est un cas du ne rien vouloir savoir. Ce que je sais, comme ça, sans preuve à l'appui, c'est que le symptôme ne se manifeste pas par le corps sinon le corps qui se manifeste par le symptôme.

   -Je ne vois pas la différence

   -La différence est que les médicaux sont gagnants dans les deux cas; ils tirent leur épingle du jeu afin, c'est cela qui dérange, vois-tu, et ce qui étaye le système maître/esclave, enfin, arriver à que l'esclave paye de son salaire pour être anesthésié.

Lacan avait bien raison, le réel ne marche pas, le réel est le symptôme même.

Ça tombe pile pour ceux qui comme moi n'ont plus de quoi le mâcher…)))

chérubique chacham

Or je vous parlais de ceux qui dédaignent les premières éditions. Ha! Pas moins. Et bien, j'ai lu avec stupéfaction une indignée lettre ouverte à Éric Laurent et couverte à Jaques-Alain Miller, gendre de Lacan à qui en toute sagesse Lacan avait confié le destin de son œuvre.

Je ne vous fatiguerai pas avec les préambules destinés à préparer la victime-par-procuration pour l'estocade que voici:

[…] c'est vous [Éric Laurent] qui avez introduit une phrase, qui a "tranché": "Je suis d'une génération qui crois en J.-A. Miller depuis 1966". Et bien, tout est là, une chose est de croire à son cours "l'orientation lacanienne", une autre est de croire que l'École de Lacan nécessite que la place d'exception soit occupée par JAM, et cela à tous les niveaux de l'AMP.

Votre position à vous va dans le sens de la dérive que je déplore, un certain mysticisme religieux qui envahit insidieusement notre champ, et qui trouve sa manifestation majeure dans la construction d'un dogme, celui de l'infaillibilité papale.

Je voudrais savoir pour commencer quelle différence un chérubique chacham établit entre l’infaillibilité papale et celle d’un Grand Prêtre de la lignée d’Aaron/

   -Le frère de Moise ?

   -Lui-même. Oui, le réputé beau-parleur qui défendit avec persuasion la cause des Hébreux devant Pharaon. Celui avec la séminale idée d’adorer un Veau d’Or aussitard Moise partit à la recherche du Décalogue. Peut-être imaginait le frangin que son cadet ne reviendrait pas, que l’heure avait sonné pour lui d’assumer la respons-abilité sur le destin de ses coreligionnaires.

   -Moi je prends tout ça métaphoriquement.

   -Si tu parles du veau d’or  je dirai plutôt métonymique…

Mais enfin, cette lettre ouverte vise au-delà, autant de l’insignifiante injure que  de son destinataire titulaire, son supposé pontife; c'est-à-dire J-A Miller. Sachant que le reproche-rengaine qui lui est fait, est de prendre trop son temps pour publier ce que les enregistrements et notes de Lacan contiennent. Je soupçonne l’auteur de la précitée lettre ouverte, de souhaiter être caïphe à la place du caïphe, d’être celui avec l'ivresse de trier le bon grain de l'ivraie et pondre la première édition sortie du triage.

Psyche and Amor-François Gérard, 1798

Naturellement, pour avaler tout cela il nous faut nous resituer dans notre culture Hélène.

   -Lâcheté et ambition ne font pas bon ménage.

   -D'où sors-tu ça ?

   -Je viens de le pondre sans préalable pondération…J'ai eu la vision du triste destin de quelqu'un …

   -Des noms ! Des noms !       

   -Inutile…Tôt ou tard le lâche finira par s'admettre.

   -Pt'être, mais pas avant de mourir 999 fois, alors, crache le morceau, bordel.

   -Pt'être plus tard. Donne-moi le temps d'organiser ma vengeance.

   -J'aime pas les plats froids-

   -Même à la mayonnaise maison ?

Concernant la source du désir sans contredire Freud, Lacan s'en sorti par une idée géniale: l'objet cause du désir qui porte la désignation algébrique de a, laquelle, dans n'importe quelle équation psychique qui inclut désir représente sa cause. Obnubilés par l'utilisation des formules mathématiques dans ce lieu de parole, nous ne remarquons pas que sans pour autant renier l'objet du désir freudien, moult autres possibilités peuvent y être incarnées, et même "n'importe quoi", comme le souligne Lacan.

Ainsi libéré du joug obsessionnel d'objet primaire sinon unique, l'être humain peut alors se définir non pas par la fixité d'un désir, sinon d'être surtout une entité désirante.

Pour en finir avec le thème des différences-dans-les-similarités entre Maître Freud et Disciple Lacan, songez que si Freud situe la formation du coupable Inconscient il y a treize millénaires, Lacan le situe bien avant chez les membres d'une espèce à priori éloignée de nous, celle, inespérée, des insectes dont le trait qui instruit leur "inconscient" n'est pas du tout un crime originel, sinon la pulsion au grégaire déclenchée chez le juvénile à la simple vue du congénère adulte dit Imago.

Et voilà la formation du Moi humain qu'en parallèle Lacan inscrit chez le nourrisson humain impliquant non pas l'individualisme forcené sinon la fraternité naturelle.

Pas étonnant alors que l'Uncle-Goy-maison et Earnest Jones, désireux de complaire à son supérieur hiérarchique d'alors, le dénommé Eitingon, ait suivi son souhait.

Le gâteau sur la cerise est que l'intervention de Lacan et même son nom aient été extirpés des mémoires de l'IPA, question de lui faire subir une double mort, comme celle d'Antigone selon Lacan.

Et cela aussi est exemple de l'envers de la psychanalyse,  les amies…

Et même encore un revers.

Regardez les pitoyables manchots pelotonnés au bord de leur bout du rocher. Il faut sauter à l'eau pour y chercher le pain quotidien; or leur biblique sueur du front est la vue des dorsales d'orques qui rôdent le long du rivage, et ils sont tous là atterrés atterris, et ça a duré assez comme ça !

Et voilà un atterri qui plonge en premier, et la foule, si vous êtes pessimiste, ou les siens si vous êtes optimiste, le fameux trois, se dépêche de le suivre.

Des uns auront des reproches à se faire :

   -J'aurais du être premier, pas troisième.

Le problème là, vous l'avez senti, c'est que pour le thérapeute et non pas prêtre que nous prétendons ne pas être, la foi n'est admise. Nous sommes laïcs, pardi, combien de fois faut-il que je vous le dise ?

Ce qui n'empêche que nous faisions confiance à celui qui nous mène.

Il y a quelque chose dans ce courage charnel qui oblige notre admiration et obéissance:Tu es des nôtres.

   -Et vice-versa ?

    -Oui. Et comme disait Lenny Bruce avec son ambiaigu tranchant, les catholiques enterrent n'importe qui.

 

 

En quoi consiste l'arrogance de faire confiance à l'autre?

Je n'ai pas d'autre mesure que l'exemplaire courage de prendre le risque en premier.

La dernière image de l'héroïque manchot est celle de son dos s'immergeant dans les eaux… son dos, sûrement comme celui de ses congénères.

Revenons à Freud alors, à ce qu'il dit du Moi, rendant hommage par la même occasion à l'admirable Groddeck que la machine médicale aurait voulu écarter si ce n'était parce qu'il le faisait en premier :

 

Je crois que nous aurions tout profit à suivre les suggestions d'un auteur qui, pour des motifs personnels, voudrait nous persuader, sans y réussir, qu'il n'a rien à voir avec la science rigoureuse et élevée. Cet auteur n'est autre que G. Groddeck, qui ne se lasse pas de répéter que ce que nous appelons notre Moi se comporte dans la vie d'une façon toute passive, que nous sommes, pour nous servir de son expression, vécus par des forces inconnues, échappant à notre maîtrise.  - Le moi et le ça,  p.17

Deux pages plus loin, Freud y rajoute:

Nous avons là comme une nouvelle démonstration de ce que nous avons dit plus haut au sujet du Moi conscient, à savoir qu'il ne représente que notre corps.

 

Cela, encore entre parenthèse, me prit longtemps à comprendre, ce qui par la même occasion me fit saisir l'ironie du commentaire de Freud -dans une préface à Le moi et le ça ?- à propos des avancés  de l'analyse du moi aux USA. 

À l'époque, Jones cherchait à boucler son pouvoir sans partage sur le destin de la science de Freud -pas de la sienne, attention, car sa contribution théorique ou clinique est minime, pour ne pas dire nulle. 

Ben oui, chers cartellistes, ce nom qui résonne, qui vous admirez peut-être –tant la machine médicale s'en sert- nomme une puissante nullité.

Pardonnez l'oxymore, sinon tant pis.

Enfin, je ferme la parenthèse pour revenir à Lacan, qui apparaît vers la fin de  la vie de Freud, quand il n'avait alors d'autre ambition que publier son Homme Moïse, d'abord en allemand, mais surtout en anglais; après quoi, selon ses propres dires, il n'en n'avait plus rien à cirer jusqu'à sa  prochaine réincarnation (lien FL2R).

Moment aussi où il se trouva obligé,  je paraphrase, à écrire un hommage (1936) pour son ami R. Rolland: ce qui donna une absolument inépuisable, mystérieuse lettre ouverte où une expérience de dépersonnalisation à l'Acropole -vieille  alors de 32 années !- lui révéla enfin la nature de la foi et de la loi du père symbolique… par le biais du terme piété.

Ayant travaillé avec Lowenstein, c'est-à-dire avec le plus bas dénominateur commun du freudisme, il est sûr que Lacan avait pris mesure de la difficulté de sa tache.

Lacan voulait arracher Freud des mains des imbéciles -son épithète- tel Jones. Voulait le sauver de cette façon inerte que seul le disciple connaît, en se reconnaissant chez son maître. 

Comprenons qu'à l'instar du criquet pèlerin, Lacan se reconnaissait chez Freud, qui l'avait en quelque sorte hissé à son rang.

Tandis que les émulateurs qui dès le début prirent la manette du train psychanalytique, ne font que  rabaisser  Freud à le leur.

En tout cas, le destin de Lacan d'être le premier et dernier disciple, s'est accompli. Eut il été admis à la IPA, il aurait été probablement englouti ou marginalisé.

   -Pourquoi voulait-il être admis à l'IPA, je me le demande.

   -La question me hante depuis que j'ai lu sa lettre de 1953 à Lœwenstein, sollicitant son aide. C'est comme si je demandais le concours d'Untel connaissant sa réponse par avance. Or je vois dans l'entêtement de Lacan non seulement le besoin du pouvoir mais également une tendance altruiste qui amplement compensait l'ambition: il voulait sauver la psychanalyse du triste destin que nous lui connaissons.    

La bataille était perdue pour lui comme elle l'avait été pour Freud, mis en porte-à-faux par ceux qui d'abord le rejetèrent dubitatifs, puis l'embrassèrent calculateurs.

La défaite est presque accomplie, exceptés des îlots ci et là.

Une chose curieuse est que les attaques portées par les intellos médiatiques d'aujourd'hui,  qui n'y connaissent rien, qui n'ont rien lu, les philosophistes qui n'ont pas traversé à leurs frais une infranchissable psychanalyse; et bien, leurs attaques semblent porter contre le psychanalyste qui un tel moi serait, quand en fait ils visent sans le savoir le psychanalyste officinal, générique et médical. 

Celui contre qui Freud lutta toute sa vie.

Or si Moïse fut trahi, puis Jésus, pourquoi pas Freud ou Lacan ?

A moins de vous lancer dans une apologie du traître -c'est déjà arrivé !- je ne vois pas comment honorer le maître sinon en sachant pire, et non mieux que lui.

Ce n'est pas anodin que quand Freud écrit son Moi et le ça, j'y reviens, il y introduisit mine de rien la notion d'un dérangeant Surmoi qui questionne, qui invalide les prétentions neutres du Moi, donc de toute possibilité d'une quelconque ego psychologie. 

Le Surmoi, ce qui fait défaut au Maître, est d'une telle importance que son cher Ferenczy reprocha à Freud de ne pas avoir assez développé cette instance qui, là j'y reviens encore, anticipe le symbolique de Lacan. A cet égard je pourrais même avancer que la différence et génie de Lacan réside autant dans la clarté de l'énoncé du Symbolique, de sa suprématie en quelque sorte, que dans sa fragile imbrication borroméenne aux Réel et Imaginaire.

Enfin, et pour revenir à la politique associative, disons que Freud s'accommoda aux faits en appliquant sur lui-même le principe de réalité et, l'Inconscient au moins donné pour acquis, pouvait poursuivre un travail éthique qui passa par le surmoi -par le symbolique, par une instance ancrée plutôt dans l'abstrait d'idéaux que dans le concret forgé à coups de vie.

Or le Traumadeutung nous paraît d'une telle utilité thérapeutique que nous négligeons le Traumdeutung

La question est de savoir si l'instinct qui de nous, dit-on, fait bêtes, ne serait teinté plutôt d'inclusion que d'exclusion, d'amour plutôt que de haine et méfiance. On s'appuie à mauvais escient sur le Freud du Père Primitif pour dépeindre un tableau noir, vierge encore des traits blancs de sa parole.  Comme tout et chacun,  Freud avait des choses à régler avec ses géniteurs, alo/

   -Géniteurs ?

Non, tu as raison. Je devrai m'adresser plutôt au symbolique; disons parents.

En traversant l'œuvre de Freud -je lis comme on joue à la marelle, en sautillant cloche-pied, malgré le hit-parade des sycophantes et intéressés, au pif, dans l'ordre imposé par le désordre de mes trouvailles et impressions et dans l'hâte d'arriver au moins à un semblant de paix-  et bien, en traversant ses écrits,  je décelais un plan chez Freud.

investisseur intéressé

con collectionneur

J'y trouvais un premier indice de l'élan vers le principe d'amour dans son Leonardo, puis dans son Totem, puis dans son Moïse de Michel-Ange, puis et enfin, dans L'homme Moïse.

Or il fallait y intercaler la lettre de 1936 à R. Rolland dont je vous parlai, celle du  trouble du souvenir à l'Acropole//

Tiens,  le Leonardo. Le jour où je  reçus ses premières éditions en allemand et anglais, peu fier, je me vantais de mes acquisitions devant quelques collègues à table. Surtout que, rajoutais-je, à ma grande surprise elles n'étaient pas beaucoup plus chères qu'une édition récente ou mê/

Le ponte-pas-encore-caïphe me cloua alors le bec avec un définitif :

   -Les premières éditions ne m'intéressent pas.

J'entendis le  méprisant murmure qui chez lui passe par voix, sans vraiment le comprendre. Puis je pigeais qu'il m'assimilait peut être à l'investisseur intéressé ou au con collectionneur. Or peut-être que, puisque je critique souvent les ravages occasionnés aux textes par exégètes et copistes pas toujours désintéressés, il défendait sa prérogative.

   -Moi oui, évidemment, répondis-je. Passez-moi le vin, s'il vous plait.

Permettez-moi de brosser un portrait du personnage. Comme je suis d'une impolie curiosité, et ayant eu maintes occasions de le rencontrer en comité restreint et supposément amical, disons, je me permis d'enquêter sur son parcours, intellectuel autant que vital. Poli mutisme. Circonlocutions et fatigués mots d'esprit est tout ce que j'ai eu en retour.

J'avais assisté à quelques unes de ses conférences et présentations de malade. Je garderai toujours le souvenir d'une si parfaitement ratée, que le chef du service qui selon convention discuta  en épilogue la présentation avec le présentateur, ne pouvait ne pas lui signaler sa diagnostique bévue. Je ne sais si celles de vous qui ont assisté a la présentation en gardent le même souvenir que moi, toutes ébahies que vous peut-être étiez par sa monomaniaque sotte sotto-voce performance   Mais à quoi bon.  

Tenez, je viens de googler (je me permets le verbe du barbarisme) son nom. Rien sinon un superbement organisé commerce de ses publications, c'est tout. Naturellement, vous savez que le commerce me frotte à contre-fibre et, je le pense, frotte contre celle de la psychanalyse elle-même. Mais à quoi bon.  

Mon point c'est que j'assimile le notoire notable à ceux qui, commençant jadis avec Eitingon et passant par Lœwenstein, semblent se pèrepétuer chez lui. Aussi dûment oints que les Témoins de Jéhovah quoique guère prosélytistes, leur ministère consiste à extirper hérésie –en l'occurrence psychanalytique- ainsi s'attelèrent-ils à la jouigssance de leur devoir, au frais non seulement de Lacan, mais au préalable de Freud.

Et bien, ce notable vise une cible effectivement plus importante qu'une vulgaire première édition, celle que j'achète simplement d'être hors de sa portée révisionniste. C'est que je le soupçonne d'être atteint du mal du copiste que Freud signale dans son Homme Moise et ce dont les Évangiles subirent aussi les ravages.

Par bonheur, Jésus était homme aussi énigmatique dans ses rares dires -enfin pas de quoi de faire tout un talmud- que riche du vécu.

La combinaison est naturellement impérissable.

//L'épisode à l'Acropole dont il était question datait de 1904; c'est-à-dire 32 années avant sa lettre ouverte à Rolland.  

Enfin, que la quête personnelle de Freud antidatait les minables batailles de minables pour le pouvoir associatif, que donc les choses qu'il avait à dire à un Federn ou à un Jones étaient déjà imbibées de la question du père-amour, qu'il  lui fallait à tout prix répondre.

C'est-à-dire, de rentrer avec un peu d'imagination au cœur du symbolique devenu chair.

Voici pour commencer comment Freud décrit l'intention de Michel-Ange dans sa caractérisation du Moïse :

Par-là il a introduit dans la figure de Moïse quelque chose de neuf, de surhumain, et la puissante masse ainsi que la musculature exubérante de force du personnage ne sont qu'un moyen d'expression tout matériel servant à rendre l'exploit psychique le plus formidable dont un homme soit capable : vaincre sa propre passion au nom d'une mission à laquelle il s'est voué

divin devenir

Et voilà  le Moïse implicite et censuré dans son Totem.

Qu'à cette lubie à voir avec la psychanalyse?  Et bien, tout.

Et c'est ainsi, je le dis encore une fois, que structurellement, logiquement, historiquement le Totem languit du chapitre sur le judaïsme.

Ça fait trou. 

Que se passe-t-il entre le totémisme et le christianisme ?

Quelle transition vers notre au-delà ? 

Moïse pardi. Un homme qui devint le père symbolique d'une nation et pour Freud le premier dieu d'amour. Son affirmation a l'air et même le goût d'une libération de l'esprit. Lisez-la.

Pourtant, la chose m'a toujours taquiné, car l'acharnement de Freud à finir contre vents et marées le Totem-Moïse n'est pas anodin, surtout que son plus cher ouvrage ne jouit de l'estime psycho-médicale, bien au contraire. Il me taquine aussi que dans son Séminaire Lacan l'ait traité séparément pour ainsi dire, le consacrant de surcroît un intervenant de marque, un expert légal en quelque sorte, tel ceux nommés auprès de tribunaux.

Comme l'on pouvait s'y attendre, l'expert en question trouva des choses à redire sur l'exactitude historique de Freud.

Or cette approche escamote ce dont il est question pour Freud, à savoir le binôme amour-haine et l'attitude de Moïse envers le peuple juif, attitude qui à elle toute seule justifie l'attribut de Freud à son égard: premier dieu d'amour. 

Prédécesseur donc de Jésus.

Cela ne suffit à expliquer l'animosité dont jouit L'homme Moïse, qui se manifeste par une indifférence institutionnelle trop élaborée, trop consensuelle pour être honnête. Comme si le père de la psychanalyse aurait pu passer des décades  -c'est-à-dire dès le Totem- à s'échiner sur un projet d'abord compromettant ou pire,   étranger à sa science!

Chose en principe improbable, et aussi absurde que dire du chapitre du Séminaire ou Lacan aborde, magistral, l'angoisse, que, manque de médicalité, tout cela serait plutôt philosophie que psychanalyse.

Sinon littérature.

Ou bien que ses métaphores entomologiques, i.e. la terrible mante religieuse par lui fantasmée pour illustrer l'avènement de l'angoisse, serait autant impressionnante que hors sujet.

Tout cela me travaillait.

divin devenir

faire foule

Or j'ai saisi que les freudiens-cum-lacaniens sont légion qui ânonnent des phrases entières des deux maîtres tout en les reniant.

Et puis, récemment, en me documentant pour un écrit sur l'ignoble Torquemada, il me fallu revisiter les Évangiles à la recherche du prototype institutionnel de l'Inquisition: c'est-à-dire, trouvais-je,  le Sanhédrin.

Par la même occasion je redécouvris dans les Évangiles ce que j'avais oublié ou négligé, à savoir que Jésus disait fonder son divin devenir sur une prophétie de Moïse !

Et voilà encore un lien entre le Totem, qui finit avec le dieu d'amour, et le Moïse, qui l'anticipe !  

Enfin, que Freud poursuivit la composition de l'homme Moïse, que suite à la publication de son Totem il s'informe du personnage par le biais de Michel-Ange, en publiant son Moïse (en Imago ?) anonyme-ment, pardi, et que dans ce texte de 1914 (je travaille avec Le Moïse de Michel-Ange, RFP, juillet 1927, pp 141-2)  Freud nous fait déjà remarquer les contradictions et démentis formels de la Torah, prêtant à mes yeux trop d'importance à la nécessité des preuves historiques pour étayer ses conclusions.

Freud ayant démontré à plusieurs occasions que la Torah falsifie l'histoire, Lacan aurait dû se passer de l'expert invité à son séminaire pour commenter l'exactitude historique de L'homme Moïse.

Après tout, ce qui compte est le dire de Freud et la conclusion à en tirer : Le dieu d'amour est le seul possible s'il n'y en a qu'un.

C'est lui dont le visage nous aveuglerait, et que nous suivons par son courage de plonger le premier. 

N'est ce pas ?

Je vous parlai plus haut de la question-piège, celle que les sanshédrins hissèrent au rang de perfection et celle que les psys manient pas mal.

Il faut un esprit vif pour ne pas  tomber dedans.

Malgré les niaiseries qu'on voudrait nous faire avaler à propos de l'amour, Jésus était un contradictoire Che, dont la lutte désarmée passait exclusivement par la parole.

Alors Jésus commençait à avoir des convaincus, et même en nombre suffisant pour inquiéter le pouvoir religieux institué, l'obligeant à réagir.

Son intention, justement.  

De par sa nature même, son approche sacrificielle mettait en cause les privilégiés systémiques, beaux parleurs sans mains, et pour tout dire précurseurs des jésuites. Naturellement -comme si l'occupation romaine ne suffisait pas!- le pouvoir chercha à s'en débarrasser du fouteur de trouble.

De préférence sans se salir les mains.

Quel dilemme ! D'une part les romains, maîtres à Jérusalem, et de l'autre un visionnaire qui prônait l'amour et qui de surcroît était entendu et commençait à faire foule.

Enfin, que son crime théologique fragilisait la hiérarchie de la communauté dont il était même rabbi, l'obligeant à prendre les mesures nécessaires par l'instance appropriée: le Sanhedrin.

Alors, il fallait des preuves de sa théologique déviance. Le plus habile serait de le montrer coupable d'un crime contre Rome, le faire tomber sous l'empire de la lex romana, et lui faire porter le chapeau. 

Viennent alors les pièges. À une occasion on lui demande s'il était normal de payer des taxes à Rome: s'il dit oui il trahit les siens, se rendant passible d'un procès, et s'il dit non il risquait d'être discrètement dénoncé par ses interrogateurs ou suppôts, aux autorités romaines.

Or, comme il était rabbi (ou jésuite, ce qui revient au même) et depuis petit aussi versé que d'autres dans l'art de la réponse évasive, il répondit qu'il fallait rendre à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu. (Matthieu, XXII, 21).

Imbattable, non ?

Si vous trouvez les Évangiles fatigantes, vous trouverez ce que je vous raconte réitéré dans l'Hadrien de M. Yourcenar. Elle approfondit la procédure, faisant ressortir autant la haine que l'incompréhension des romains vis-à-vis de cette révolution théologique qui se passait sous leur nez…. aperçue mais incomprise?

En fait, comment auraient pu de tels polythéistes même imaginer l'absurdité d'un seul dieu conjugué à un seul peuple!

Pensez seulement que chez les grecs les dieux sollicitaient l'adhésion des fidèles, tirant parfois de leurs séductrices ficelles, car de leur popularité dépendait leur divine importance.

Le cas d'Athéna et Poséidon, qui se disputaient l'adhésion des proto-athéniens -dont je pense vous avoir causé, vous cause maintenant et probablement vous causerai encore- en est paradigme: vous ne pouvez abolir, comme ça, d'un traître trait de  plume, ou même d'un assassinat, la volition d'un homme; pas plus que vous ne pourriez abolir le hasard.

lamentable lot

Voyez-vous, chères cartellistes, je vous serine ma connerie, je le sais. C'est mon rôle.

J'ai profité de mon absence à nos réunions pour pondre ceci.

Entre temps mon rein déconne encore et, grâce à Dieu, déconne toujours; l'inconfort et parfois la douleur persistent, or bye-bye docteur. J'en ai marre de redondants remèdes et inutiles interventions; marre de constater que ma déchéance comble ses échéances. 

Et puis, j'ai des choses plus importantes à faire que de m'occuper de ma carcasse, choses à clore.

L'ironie est que je risque de continuer ainsi pour un bon bout de temps encore, si occupé à venir à bout de mes projets que je n'arrive à venir à bout de moi. 

Vous me manquez, ha!, c'est qu'il reste entre nous, et aussi en tant que secret, un doute/

Tenez, il m'aurait fallu changer l'article indéfini felinan féminin, une, par le masculin, un. Alors, dites-moi, pourquoi Doute serait plutôt gentleman que Dame?

Que veut dire cela, que peut dire cela des rapports humains?

Moi je veux la paix, et qu'on ne me raconte de conneries comme quoi la guerre c'est la faute de l'autre et l'inégalité inscrite dans nos gènes.

La psychanalyse est pro Paix.

Et le maître est parfois un peu con, parfois génial.

L'institution ne peut être maître, or le maître, lui, peut la combler; voici comment Lacan définit l'École: Cette quelque chose que j'enseigne.

On est dans le pétrin alors, parce que malgré nos protestations notre Institution s'acharne à enseigner son contraire, ou bien la même chose de sa dangereuse substance évidée, puis farcie de ses tactiques théorèmes.

Je me laisse aller, vous le voyez, en cherchant les mots pour vous dire des Ouatre discours et de l'Envers de la psychanalyse. Naturellement, je n'ai rien compris si ce n'est qu'il n'y a rien à comprendre, quitte à se crétiniser, comme dit Lacan, en agitant le grelot du sens

Or le maître ne peut pas être aussi l'Institution. Prenez Lacan, ou Freud ou encore des autres que vous voudriez faire ressortir, plus ou moins rayonnants et/

Des autres ?

Qui d'autre ?

Avez-vous remarqué qu'il n'y pas d'autre ? Que rien n'a été fait depuis les jours héroïques du début ? 

Nous sommes embourbés dans le bourbier par Freud hélas creusé, duquel il aussi voulait se sortir, tout en en restant maître.

Pareil pour Lacan. 

Le stérile bourbier est toujours l'institution, dont le but s'avère toujours celui de châtrer le père.

C'est le lamentable lot des émules et ânes.

On nous serine que la clinique psychanalytique est une affaire à deux dont le seul tiers serait la psychanalyse elle-même

Dixit Lacan.

De là à imaginer que la psychanalyse puisse être, comment dire, incarnée, et ben, il y a un pas infranchissable du point de vue logique, pas qui de surcroît nécessite la négation du symbolique.

Or le symbolique est numéro un, comme nous dit encore Lacan.    

Par amour et conviction, Freud et Lacan tombèrent dans le piège de même imaginer que leur but, celui de la liberté humaine bien sûr, pouvait être éteint atteint par le biais d'une église, soit-elle une société psychanalytique.

T'es dans le pétrin si t'es dedans et dans le pétrin si t'es dehors.

   -C'est comme avec les femmes, couillon, tu peux pas faire avec et tu peux pas faire sans.

Et là, dedans, le traître, le traître pressenti, celui qui a passé à l'acte puis prit la mesure de lui-même, le traître repenti donc,  doit jouer son rôle à fond.

Ce n'est pas pour rien que le Christ bâtit son église sur Pierre, qui -il le savait, il le lui avait même pronostiqué-  la nuit de son procès, au moment crucial allait le renier par trois fois avant le chant du coq.

Il savait mesurer l'âme d'un homme, de même que Lacan sut mesurer celle de son insoupçonné et insoupçonnable héritier intellectuel.

Pour un certain temps cela peut marcher, une église; or tôt plutôt que tard pompe et circonstance prennent lieu d'âme. Regardez la mienne, la catholique, travestie, en contradiction avec ses principes fondateurs.

    -Le nouveau Pape vient de redresser la situation!

    -Oui, et avec élan...Or j'avais commencé cet écrit bien avant!   

En tout cas, puisque c'est notre sujet, j'en tire que l'envers de la psychanalyse est l'endroit de l'institution, du cogito et de la linguistique, ce qui pointe bien vers le cul-de-sac où nous sommes et où nous avons toujours été.   

Alors, je reviens à ce sentiment d'étrangeté que j'expérimente dans ma propre culture. Je m'y retrouve plus. Dans l'ordre de mes identifications, tout mythiques et prétentieuses qu'elles soient, c'est Ouranos, Socrate, Moïse  -oui, vraiment, quoique à contrecœur et grâce à Freud;  puis Jésus, pour en arriver à Engels, Marx, Freud et finalement Lacan.

Pour moi tous ces mecs-là disent la même chose.

Liens qui par un obscur et incertain parcours me menèrent à savoir ce qu'est la psychanalyse ?

Et bien, ce n'est pas l'institution, je le répète,  qui sans cesse la trahit;  pas plus que l'Église reflète le Christ, ça c'est sûr. Ça ne l'était  pas déjà à l'époque de Socrate, au salon d'Agathon, son Amphitryon -ben oui, lui, l'hôte cocufié, grâce quand même à Zeus: l'hôte idéal quoi.      

Notre but est de permettre que l'autre soit sans l'infecter de notre foi folie.

C'est vrai, comme je vous disais, que les romains polythéistes ne comprenaient rien à ces histoires d'orthodoxie talmudique et encore moins au danger institutionnel qu'un délirant tel Jésus posait aux pouvoirs pervertis investis. Pouvoirs qui comme d'habitude sont ceux de l'argent, côté pratique, et du plus-de-jouir côté pathologie.

Je dis délirant en parlant de Jésus.

J'ai un faible pour les quichottes.

Ce pourquoi je caresse encore et toujours l'idée d'une étude comparative de Jésus et Schreber. J'y coïncide avec Lacan: peut-être que Schreber n'avait pas raison, or sûrement pas tort de se plaindre de l'institution psychiatrique et de refuser autant la cruauté institutionnelle que son manque de liberté personnelle. 

Assez raison en tout cas pour gagner son procès contre l'Institution.

Cela de la même façon que Jésus perdit le sien contre Caiaphas, or pour mieux le gagner.

Caiaphas est le dindon de la farce. Je vous le montrerai pt 'être par la suite.

En tout cas, quand grâce à Paul, Rome comprit la perfection idéale et la nécessité logique d'un seul Dieu, Rome l'embrasa.

Tout ceci est confus, j'en conviens.  C'est que je cherche à vous informer des préjugés qui voilent notre jugement, des histoires qu'on raconte comme quoi si la psychanalyse a la valeur de s'adresser à l'âme qui tôt dans sa vie Freud invoquait, à la noblesse universelle -catholique donc- d'un Socrate, aux liberté, égalité et fraternité lointaines des intérêts moïques tels que les oracles du fonctionnalisme social et de la religion-du-laïcisme les conçoivent, et bien, nous nous trompons sur la nature humaine. Or je leur contre-dis: Nous sommes enfants du Moi idéal encore et toujours appelé Surmoi, et par osée extension, Inconscient

C'est le nom du père tout ça, le Symbolique, cette première boucle qui une fois intégrée facilite la vie dans le réel tout en l'épiçant d'imagination.(Lien troisième).  

Je vous cause du mystère-en-soi plutôt que de celui d'hier, déjà éclairci par le savant ou poète, ou celui du lendemain.  Je parle de l'eternel mystère,  casuistique, celui de la première cause qui instaure son paradigme in saecula saeculorum, ainsi que me l'apprirent les jésuites, inculquant au passage une petite perversion, un plus-de-jouir qui consiste à imaginer que le mystère sis chez nous/

    -C'est joli tout ça, mais/

   -Pas de mais, pour le moment. Je me laisse porter par la question, celle qui par ses méandres,  par  sa rhétorique, c'est vrai, par sa métonymie, me laisse rêveur; c'est beau ou délirant, comme tu voudras, or/

   -Ennuyeux ? 

   -Cela aussi, sauf pour l'aveugle, archétype du voyant.

Mais vous savez, après avoir passé par les mains de bonnes-sœurs et jésuites, j'ai longuement caressé celles de la culture anglo-saxonne, aux USA. J'admire particulièrement le principe sur lequel la Common Law sise : Le premier cas, précédent-cum-paradigme.

C'est beau comme tout.

Par comparaison, le Droit européen me semble compliqué, malléable et même opportuniste.

Or surtout  un-voxpopuliste. 

Et bien, ce qui est beau là dedans, juste, c'est que le droit coutumier soit fondé sur la décriée casuistique et non sur l'héritage romain ou les délires d'un Napoléon, par exemple, n'en déblaise à Pascal.

Pour ce qui est de la question bien plus haut posée, de savoir si vous battiez votre femme les jeudis, vous pouvez toujours répondre par un non sans rien risquer: non (= pas les jeudis)  ou bien non (= pas tous les jeudis) et finalement  non (=je ne bats pas ma femme.

A vous de vous débrouiller avec ce simple non.

Le non est envahissant, même contaminant. 

En voici l'illustration de l'effet du non par la voie d'un problème évocateur de celui exposé dans Le temps logique et l'assertion de certitude anticipée. (Lien vers troublant trotte-bébé) :

Un prisonnier est mis au cachot, au fond duquel se trouvent deux portes grandes ouvertes, un garde devant chacune . Le prisonnier apprend qu'il peut sortir quand il voudrait, or qu'une porte mène à la liberté, l'autre à la mort. Il a le droit de poser une question à un des gardiens, lequel a l'ordre de lui répondre, sachant toutefois qu'un des deux répondra toujours par la vérité, l'autre toujours par le mensonge.

Puis le prisonnier est laissé à cogiter son problème.

L'histoire ne dit pour combien de temps il  médite avant d'agir.

Pour le lecteur/

   -L'électeur ?

   -Non, le lecteur, pour qui il saute aux yeux que le problème est d'ordre logique, ce qui présuppose une solution.  Le prisonnier, lui, cherche à savoir si la solution existe ou pas, néanmoins assuré qu'à condition de se soumettre à son sort sans sortie, l'inaction garantit au moins sa survie. Et voilà que le problème de caractère arrive tout seul. Suis-je homme ou souris ? Sa réponse trouvée, il doit encore se poser la question de savoir si tout cela n'est qu'un piège, car au nom de quoi doit-il confier en la parole du maître qui l'avait mit au cachot? 

Pour combler son angoisse, il doit d'abord déterminer si la solution logique existe. 

Enfin, voici ma lapalissade : la solution est toujours dans le risque.

Rien à voir avec le problème proposé par Lacan, purement d'ordre psychologique enrobé de logique et finalement résolu de manière instinctuelle: en se reconnaissant homme qui, à l'instar du criquet pèlerin devenu grégaire à la vue du congénère, joint le troupeau humain dans sa marche vers la liberté.

Pardonnez l'extase, chères amies.

Les liens entre la logique mathématique et le fonctionnement psychique me semblent inévitables. Je dis mathématique, or je me réfère plutôt aux lois physiques qui décrivent le comportement de la matière, lesquelles à leur tour  nécessitent d'une description symbolique lisible, c'est-à-dire mathématique.

Je ne me souviens plus si c'était Poincaré qui m'informa que résoudre une équation consiste à y trouver des puissances, des racines, des carrés et des cubes…

Sans rien y comprendre, cela me fascinait, car, malgré l'apparent n'importe-quoi quantique, il apparaît qu'au niveau macroscopique la matière se comporte  de manière rigoureusement prédictible, et que cette rigueur peut se dire par expressions telles que E=mc2.

Et c'est ainsi que si vous multipliez la masse (m) par le carré de la vitesse de la lumière (c2) vous trouvez un équivalent énergétique (E).

De l'eau de roche, non ? Il suffit de savoir multiplier pour chiffrer l'énergie équivalente à un gramme, disons, de matière.

Ou bien prenez la gravitation codifiée par Newton, que l'Académie française (éd.1986) défini ainsi : Phénomène par lequel deux corps quelconques s'attirent avec une force proportionnelle au produit de leur masse et inversement proportionnelle au carré de la distance qui les sépare.

Je pourrai vous apporter d'autres exemples où les puissances (carrés, cubes etc.) apparaissent de façon incisive, justement ce qui me fascine. Ou plutôt, pourquoi le carré, le cube etc.,  et non pas le carré-et-demi ou le cube-et-trois-quarts, pour le dire à ma manière?

Je me souviens du jour où, en voyant mon père s'arracher les cheveux en cherchant à résoudre une équation différentielle, son dada, je le questionnai.

   -C'est simple, fils, me répondit il, le problème est que ces maudites équations n'admettent de règles préétablies, chacune fonctionne selon principes qu'il faut d'abord cerner…

C'est un vrai, fascinant bordel, conclut-il.

J'en profitai alors pour lui poser la question de ces puissances que je voyais apparaître partout dans les équations, ces petites chiffres dessus un symbole: pourquoi pas carré-et-demi ?

Pour deux raisons, fils. La première est la prémisse d'un ordre naturel, sans quoi on ne pourrait jamais décrire la nature; la deuxième est que, en en faisant partie, le fonctionnement du cerveau obéit au même ordre.

Puis il reprit son crayon et disparut dans sa pensée.

Je m'éloignai à méditer son explication, celle que j'ai caressé ma vie durant/

   -As-tu suivi le discours de Hollande ?

   -Oui.

   -Alors ?

   -Joli coup d'esbroufe. Ses promesses n'engagent que ceux qui y croient, selon le mot de je ne me souviens plus qui.

J'avoue pourtant que si seulement un dixième de ce qu'il promet se réalisait, je serais heureux.

Or sa métonymie m'inquiète. Il fait tout un fromage sur sa déclaration d'amour pour les gens/

   -Une tartine Aubry.

Oui, Vincent. Ce qui me laisse dubitatif. Je soupçonne une visée électoraliste. Cela  m'attriste de le penser,  et aussi que je puisse avoir raison.  On ne badine pas avec l'amour, justement. Peut-être qu'Hollande  dit vrai, qui sait, et alors je ne serais que mauvaise langue. Or je n'arrive pas à lui accorder le bénéfice du doute. 

Le poids de la chose, le révélateur du discours, c'est son affirmation de détester les finances.

Encore trop beau pour être vrai, comme dirait père Freud.

L'important là n'est pas ce qu'il dit dénoncer sinon l'énoncé du non-dit: En somme, que les finances ne sont qu'un détail conséquent du capitalisme.

Ce pourquoi J. L. Mélenchon caractérisa le discours de Hollande de filet d'eau tiède.

Assez.

Ah oui ! Voici la question que le prisonnier posa à l'un des gardes choisit au hasard :

   -Selon votre collègue, quelle porte, dit-il,  mène à la liberté ?

   -Celle-là, répondit le garde signalant la porte de droite.

Alors, sans la moindre hésitation le prisonnier franchit celle de gauche.

C'est comme je vous disais plus haut: le mensonge implique la vérité, et vice versa..

Remis de ses émotions nous le trouverons quelques heures plus tard –le chemin du retour fut long- arrivé aux faubourgs de sa ville et en train de discuter du sort des palestiniens.  

    -Enfin, retour  ?

    -En Israël, sans doute, État sans frontière et, grâce aux négociations, État en état d'effrénée expansion; en Israël donc, puisque Palestine n'existe pas ?  Louche aussi cette affaire de Charlie Hebdo/

   /Quelle affaire ? Leurs locaux ont été saccagés par des musulmans en colère, suite à la publication d'une caricature du Prophète. Un incident du même ordre et suite à une similaire provocation, avait été jadis perpétré par des "catholiques intégristes".

Le dessinateur en question répond qu'il "emmerde" quiconque qui mette en question sa "liberté d'expression".

Louable réponse, pas de doute.

Je dis pareil.

C'est louche quand même.

Comment se fait-il que le CRIF, d'habitude si vigilant et susceptible, n'ait pas trouvé raisons à se plaindre ?  Serait le troisième monothéisme tabou, imperfectible ou au-delà caricature ?

   -Troisième? Plutôt premier.

   -Troisième dans cet exposé-ci. De toute façon, la troisième c'est toujours la première, ainsi que l'explique  Freud dans son petit écrit.(lien coffrets) Et hélas, aussi la mort.  Ce que Lacan, d'un pernicieux, non, délicieux quid pro quo, réitère : "La troisième, elle revient, c'est toujours la première, comme dit Gérard de Nerval".

Or Nerval dit treizième… ce qui m'a toujours taquiné.(lien)

Enfin, que ce trou fait trébucher la liberté d'expression…

Or tout finit bien et même s'explique, car justement au nom de ladite liberté, et en attendant, Charlie Hebdo est fraternellement logé chez Libération…

   -J'ai lu que Le Nouvel Obs. et Marianne proposèrent de l'héberger aussi.

   -Oui. Encore au nom de la liberté d'expression.

De toute façon, et pour en revenir à Sarkozy, il a fait passer la plus importante et presque irrévocable modification institutionnelle, celle d'ôter à la justice son indépendance. La Justice est dès lors tributaire de l'Exécutive, et puisque l'Exécutive est tributaire des affaires plutôt que des urnes/

   -Et le vote, ça sert à quoi alors?

   -À combler un trou symbolique par des pelletées de passe-passe, puis au droit de choisir entre blanc bonnet et bonnet blanc.

Le vote ne sert à rien:

Les français votèrent contre la constitution européenne, puis Sarkozy la fit annuler par la voie parlementaire. D'ailleurs, il était promu et élu pour ce faire.

As-tu remarqué que les politiciens craignent la démocratie directe et autres référendums ?

   -Tout cela pourrait être vrai, d'accord, mais le fait est que tu détestes les/

vilaine veine

   -Non, je méprise sans concession ceux qui s'enrichissent sur le dos des autres. C'est-à-dire capitalistes, banquiers et surtout spéculateurs, shylocks et autres madoffs qui ne cessent de réclamer leur livre de chair.

Or, comme l'apprit Shylock à ses dépends, qui dit chair dit sang.

Je méprise la structure maître-esclave, et ce malgré qu'un esprit éclairé tel Lacan, aurait en bon chrétien trouvé des raisons pour s'apitoyer sur la santé spirituelle du maître, ignorant et même indifférent à l'statut humain de l'esclave.

Par contre, grâce hélas à sa souffrance, l'esclave connaît au grossier détail l'âme du maître qui parle de démocratie et du droit de vote, celui qui nous concède le droit de penser -l'arrogance!- pourvu bien sûr qu'on la ferme.

Car il est des vérités dont l'exposé est proscrit par loi… Le crime de lèse maître quoi !

sinistres ministres 

Or la roue tourne, l'esclave d'hier peut devenir le maître de demain, c'est déjà vu, et faire valser le berceau de la…démocratie?

À vrai dire je ne sais si je crains cela autant que la situation actuelle me dégoûte. C'est que les exemples historiques ne sont guère rassurants, que l'esclave devenu maître finit par devenir esclavagiste. Cela  prend plus ou moins de temps, or cela arrive, toujours.

C'est sa vengeance, je suppose, qu'il mange froide.

Voyez la crise grecque, l'obscénité des sinistres ministres qui insistent que le rôle des pauvres est de fournir un inépuisable plus-de-jouir à ceux qui trouvent le bonheur dans leur moins-de.

   -A quoi bon les pauvres sinon?

   -Là t'as raison, à quoi bon les pauvres sinon.  

Lacan remarque que tyrans et martyrs sont impitoyables. D'où le pouvoir gestuel d'un Jésus sur l'aveuglement d'un Caïaphas:

Ça tranche irrévocablement quand chacun assume son rôle.

Or mourir est toujours plus noble que tuer.

C'est Créon et Antigone. C'est la Révolution Française, celle que nous avons oublié sauf pour trois mots inscrits sur le fronton des mairies qui pourraient aussi bien être du sanscrit or qui résonnent avec l'étrange nostalgie de nos racines.

indiscutable Inconscient

Le maître d'aujourd'hui n'assume plus le rôle structurel qui fait marcher le schmilblick baptisé 'culture';  il ne prend plus de risques; il reste blotti derrière slogans qu'il ne sait plus lire.

Il ne sait ni mourir ni vivre sauf par le reflet de la souffrance d'autrui qui nourrit son miroir.

En fait, il n'est maître, sinon doppelganger ou ombre.

Le maître n'a plus rien d'héroïque, voilà le problème.  Comme l'éminence grise, il préfère ne pas trop présumer, car il connaît les risques.

Il se contente de sa livre de chair.

Et là, comme toujours, le problème est le goût de sang qui rend ivre.

ode à l'huile

Je me sens aliéné de ma culture. Je suis étranger chez et à moi, ici dans ma terre promise, celle de Gaïa…

Je vous en parlerai plus tard.

Or tiens, mon pape, le mien pardi, et bien//

Enfin, en chrétien j'aime bien la papaye et pas souvent le pape, pas plus chrétien qu'Hollande socialiste, lui dont les accords politiques sont revus, raturés et amendés, encore pardi,  par maître Areva.

C'est navrant. C'est pas kasher, quoi, je vous assure, mais le christianisme c'est devenu une vaste trahison d'idéaux.

Dur dur dur d'échapper au piège, car l'attrait de l'escroquerie est l'argent qui nous permettrait d'assouvir le soif de pouvoir, et l'achat de ceci ou cela/

   -En d'autres termes acheter un phallus gros comme ça!

/Justement ! Phallus, avec la majuscule, en bon lacanien que je suis. Or tu ne peux pas acheter Dieu. Dieu n'est pas bio-héréditaire non plus. Dieu est le machin symbolique qui aime. Point. Nous ne sommes plus dans le polythéisme, le dieu de ceci le dieu de cela la haine l'amour. Mais non mais non mais non.

Dieu est comme l'huile trois-en-un qui fait rouler le schmilblick rouillé.

Tout ce que je vous dis -pardonnez la déviation, or j'adore les raccourcis- n'est que pur Lacan, qui à son tour n'est que pur Freud.

C'est à dire l'Indiscutable Inconscient. 

Pour le reste, ça se discute.

Or c'est justement l'inconscient ce qui se discute et même se conteste le plus, et cela paradoxalement par la voie du dévoiement du Moi.  Nous ne savons par quel bout le prendre pour, en passant, saisir désir et pulsion.

Je vous disais plus haut que l'escroquerie du maître est de miroiter l'idée que l'argent nous permettra d'acheter l'objet du désir.

Alors, il part à la pêche au désir, le tien, il ira jusqu'à le nommer pour toi, et y mettre un prix.

Et toi, pauvre égaré, tu ne cherches qu'à croire l'expert ès désir. Ton psy probablement.

Et le tour est joué.

Il te tient, accroché.

Comme ça se fait alors que le désir persiste ?

C'est que ton désir réponde au sien, qui a pour objet le non-stop spectacle de ta souffrance; il se retrouve dans ta souffrance; des dettes ancestrales y sont réglées par ta souffrance; son droit ès maître est tautologique voyons, naturel : ce n'est pas pour rien que t'es esclave, et lui maître.

C'est la  volonté de Dieu. Le Dieure!! de la sentie exclamation de Lacan. Le dire-de-Dieu, commandement dont des uns voudraient s'approprier, ce que naturellement Lacan met en cause.

railleries républicaines

   -Your majesty! Your majesty! The peasants are rebelling!

   -They're not rebelling, they're revolting!

Mais à quoi bon? Vous n'êtes pas. Vous sentez que quelque chose cloche, c'est évident, or vous tenez à votre bout d'gras, c'est normal, or vous tenez aussi aux ignobles et de surcroît illogiques conneries que des shylocks serinent à propos de la crise, par exemple.

 à propos d'une lecture : The Big Short:  Inside the Doomsday Machine.

 De voyage aux USA je profite entre autres choses  des bouquins de mon fils pour lire ce qu'autrement je ne lirais.

   -Il me faut un bouquin, fils. Je ne peux dormir sans lire. Recommande m'en un.

Il pointa l'étagère.

   -Choisis-.

   -Non. J'ai le torticolis de tant tourner et retourner la tète pour lire les titres.

Il s'approche d'une pile de bouquins à plat sur le rebord, pas encore rangés –en fait, je ne sais pas comment il pourrait les ranger, les étagères étant pleines à craquer- et sors le troisième en ordre descendant, du tas.

Ce qui  naturellement fais tilt pour moi, ce troisième.

   -Tiens, tu vas aimer ça.

(Michael Lewis:The Big Short : Inside the Doomsday Machine – Norton & Company Ltd. 2010. PS. De retour en France j'achetais la traduction en Français, d'abord pour contrôler la traduction puis l'intégrité du texte.)

En effet, j'ai aimé dès la première page.

Encore un coup de serendipity.

Passé la dédicace à Michael Kinsley : "A qui je dois toujours un article," vient une citation de Tolstoï mise en exergue, qui explique que le simplet sans idées préétablies peut comprendre un sujet ardu mieux que l'intelligent une idée simple sur laquelle il pense tout savoir.

Puisque je me range côté simplet, l'aphorisme de Tolstoï me parlait. De surcroît, cela tombait pile, précisément à ce moment de mon écrit quand je fais diversion pour vous à propos de la crise financière et son rapport à la structure maître-esclave.

Puis le bien-nommé premier chapitre, Poltergeist, où  afin de remettre le lecteur  sur les rails historiques de la crise financière d'aujourd'hui, l'auteur passe en revue Liar's Poker, (Poker menteur) son premier bouquin de vingt années plus tôt. Il décrit l'incontrôlée démesure qui permet qu'un trader puisse perdre $ 9 milliards d'un seul coup et passer quasiment inaperçu en dehors de sa boîte, Morgan Stanley. Puis il exprime le souhait que le gamin à l'Université de l'État d'Ohio qui songeait à devenir océanographe, à la lecture de son bouquin rejetait l'offre de Goldman Sachs, et partait en mer.

Le bouquin met en scène les acteurs de la crise par leur nom, autant les institutions concernées que les particuliers. Ça a le goût d'un polar tout en étant rigoureusement une véridique chronique financière.

Ouais, la chronique de l'exploitation chronique.

Or je m'égare, alors, rentrons en gare.

Je suis précisément à la page 27, or j'ai déjà trouvé des choses à partager avec vous, et pour commencer une situation paradoxale que son expert Vincent Daniels voulait éclaircir:

The interest-rate on the loans wasn't high enough to justify the risk of lending to this particular slice of the American population. It was as if ordinary rules of finance had been suspended in response to a social problem. A thought crossed his mind: how do you make poor people feel wealthy when wages are stagnant? You give them cheap loans.

To sift every pool of subprime mortgage loans took him six months, but when he was done he came out of the room and gave [Steve] Eisman the news. All these subprime lending companies were growing so rapidly, and using such goofy accounting, that they could mask the fact that they had no real earnings, just illusory accounting-driven, ones. They had the essential feature of a Ponzi scheme: To maintain the impression that they were profitable enterprises, they needed more and more capital to create more and more subprime loans. (pp14-15.)

Le Ponzi schème, dit-il, lequel renvoie au reproche biblique de voler Paul pour payer Pierre, puis voler deux Paul pour payer deux Pierre, et ainsi de suite. La méthode est naturellement fondée sur le mépris du travail que pourtant le maître se vante de nous procurer, car par là c'est lui qui nous fait vivre, rajoute-t-il, généreux jusqu'à vomir.

Laissez plutôt votre argent travailler pour vous, nous conseille-t-il par ailleurs, se fondant sur l'appât du profit facile dont Madoff était maître.

Ah si seulement nous le pouvions!

J'allais poursuivre ma discussion pas-à-pas de ce livre, qui j'ai finalement lu deux fois, une en anglais et une en français. Or cela ne vaut plus la peine, puisque d'une part le principal est dit, et de l'autre je découvris que l'exposition du système n'avait pour but de le redresser, sinon d'y découvrir ses failles pour mieux parier dans ce même marché financier! Restait à savoir si Steve Eisman et son excellent chercheur, Vincent Daniels, avaient bien saisi la faille du système pour réussir leur coup.

A coup sûr. En fait, tous les voleurs impliqués s'en sortent gagnants aussi bien que les pauvres s'en enfoncent perdants..

   -Shylocks ? Pourquoi pas usuriers, simplement ?

   -C'est que je veux faire ressortir un trait, un symptôme qu'en fin psychologue Shakespeare éclaira: un mépris teinté de haine et sûrement de honte aussi.

Des usuriers il a toujours eu, c'est biblique; ils nous tiennent à l'usure, justement. Ce pourquoi un de nos rares commandements, -pour les nommer ainsi, avec la minuscule - est de n'être ni emprunteur ni préteur.  Et même si le préteur à gages est aujourd'hui hélas admis par l'Église, et même si l'usure, comme n'importe quel crime ou délit rentre dans un cadre légal, cela revient quand même à l'institutionnaliser. 

De surcroît, ce cadre est à géométrie variable -et toujours en faveur du préteur, cela va de soi- dont le plus-de-jouir semble illimité.

C'est que, je vous le répète, la jouissance du préteur est indexée à la souffrance du créancier. 

   -Dis, penses-tu que la dette d'une poule dont parle Lacan, dette que dans l'agonie Socrate demande à un ami de régler à son instar, fut réglée avec intérêts ?

   -Non, simplement transmise, léguée en tant que lien humain. Cela semble aller de soi.

Enfin, l'aphorisme nous vient encore de Shakespeare, de Hamlet. C'est le roi Polonius qui, en guise de conseils à son fils Laërte qui s'apprêtait à partir pour la gaie France, lui pondit pêle-mêle une couvée d'aphorismes dont quasiment le seul retenu est l'inopiné  Neither a borrower nor a lender be.  

Ça fit tilt, et pour cause, car il synthétise  tout un pan de l'éthique chrétienne.

Or revenons-en à la fameuse crise que rythme nous jours pour le pire. Ce n'est pas normal. C'est même insensé.

Quelle crise, pardi ?

On nous dit que c'est la crise financière, passe, ce qui implique d'énormes sommes dont du même coup nous sommes responsables.

Passe encore ?

Alors, de pauvres couillons nous joignons comme par magie les rangs des financiers endettés.

Cela nous flatte pt'être ?

Que la propagande-machine nous serve ce plat à toutes les sauces possibles et impossibles est une chose, que nous le mangions et en redemandions, en est une autre.

Crise ? N'avons-nous remarqué que le marché du luxe s'élargit, tandis que celui des denrées se rétréci, que les millionnaires d'hier sont les milliardaires d'aujourd'hui ?

En physique ça s'appelle un saut quantique, un changement d'état radical et quasiment instantané, normalement propre aux particules subatomiques or qui, je le découvre, peut s'étendre aux particuliers endémiques.

   -Oui, au prix de la populace anémique.

   -C'est cela.

res ipsa loquitor

dégoût désabusé

Permettez-moi une illustration de ce saut, pour laquelle je me sers de statistiques par Forbes fièrement fournies  .

Les leurs donc.

Voici la liste du nombre de milliardaires dans le monde de 2004 à 2010.

2004  - 20

2005  - 25

2006  - 32

2007  - 30

2008  - 1062

2009  - 285  

2010  - 100

En 2004 il avait vingt milliardaires, 1062 en 2008 -tiens, l"année de la crise!- une centaine en 2010.

Pouvez-vous même imaginer que ces sommes ne sortirent pas de vos poches, d'où votre crise à vous?

Je passe outre le précédent saut quantique où les millionnaires, tel le classique Rockefeller –qui se substituait à Crésus, de sorte qu'aux USA on disait "riche comme un Rockefeller"- lui qui, pour l'anecdote, mourut d'un orgasme cardiaque chez sa maîtresse- des millionnaires donc qui devinrent comme par magie milliardaires.

C'est ainsi que Steve Jobs passa de millionnaire à vingt-cinq ans à milliardaire à quarante-cinq. Ce qui veut dire, si j'ai bien compris cet embrouillamini chiffresque, qu'en vingt années il avait multiplié ses millions par un facteur d'au moins mille !

Cela laisse pantois, non?  

Comme quoi, et pour poursuivre mon interprétation numérique, et en excluant  la fatidique année 2008, il en ressort qu'en six années le nombre de milliardaires  se trouva multiplié par cinq.

Pas mal, non ?

D'où sortent-ils, ces malheureux milliards?

Pourquoi donc parle-t-on de crise financière?

Pour le comprendre, il faut sortir du monde quantique et rentrer dans la réalité relativiste, où le chiffre de 1062 (2008) devient l'absolu par rapport auquel tout autre nombre est à relativiser. Comprenez que ces précisément 1032 nouveaux milliardaires, par rapport aux 30 de l'année précédente, représentent le nouvel étalon du succès financier.

On s'habi-tue à la réussite, c'est bien connu.

Ce qui me fascine, au-delà de la vulgarité de la chose, est que l'année de la flambée milliarderesque de 2008 coïncide ave la Global Financial Crisis (GFC, pour les initiés), crise pour laquelle le citoyen bête beta doit se serrer la ceinture, se passer de la retraite, des soins médicaux, de l'éducation des enfants, de pouvoir payer le fuel pour aller travailler, le comble!, de voir son créancier reprendre la maisonnette d'âpres années de versements, devenus impossibles à honorer.

Et, en plus, de se sentir coupable de sa déchéance.

C'est la crise financière, nous martèlent nos hommes politiques, crise tout d'un coup devenue la notre

C'est trop nous honorer. Et puis, comment ça se fait que l'année même de la crise le nombre de milliardaires ait été simultanément multiplié par un facteur de 34.5, pour être exact ?

   -D'où sortent tous ces milliards ?            

Si vous croyez encore en la génération spontanée, celle postulée par Aristote et finalement démentie par Pasteur, détrompez-vous : ces mouches-là pondent et se nourrissent de votre lisier misère.

En d'autres termes, ces milliards sortent de nos poches.

C'est leur dû, leur plus-de-jouir.

Ce qui m'étonne est que nous ne nous insurgeons pas, que nous nous laissions faire comme de moutons.

C'est comme disait le tsar plus haut cité, nous ne sommes des rebelles, juste des révoltants.

Je vous imagine vous demander: quel rapport avec la psychanalyse ? Et bien, si pour vous son but est de nous réconcilier avec nous-mêmes et avec la réalité tel-quelle, filez-moi plutôt un somnifère. Vive donc le psychiatromachin; or ne me racontez pas de bêtises à propos de notre devoir de neutralité, surtout si le système ci mis en cause, est notre gagne pain, ce qui rend l'idée même de neutralité dérisoire.  

Si par contre nous visons la liberté de l'individu, et au-delà de son iniquité innocuité, visons son épanouissement spirituel, c'est-à-dire humain, et bien, tout en fermant notre trappe, notre silence doit parler.

En écrivant ces lignes il me vint à l'esprit une cruelle phrase de Freud à propos de l'impossibilité d'un rapport psychanalytique ou même thérapeutique avec le prolo, qui, explique-t-il, serait à tel point habitué à blâmer le système pour sa condition qu'il ne saurait assumer la responsabilité-de-soi requise pour réussir une intervention thérapeutique.   

Avez-vous entendu parler de Edward Bernays ?  Non ? Vous devriez, car nous avons amplement à le remercier pour le délabrement moral de notre monde.

Anecdote : La première édition de son Propaganda (1928) coûte quarante fois celui de la première édition du Leonardo, de Freud. C'est dire l'estime dont il jouit, lui, compté par Life parmi les cent personnes les plus influentes du vingtième siècle.

Enfin, que je finis par me procurer sinon la première édition, au moins le texte PDF de Propaganda, que j'ai lu, il faut bien le dire, avec un dégoût désabusé.

Je le vomis.

Un arrière-goût du goût arrieré:

The conscious and intelligent manipulation of the organized habits and opinions of the masses is an important element in democratic society. Those who manipulate this unseen mechanism of society constitute an invisible government which is the true ruling power of our country.

L'aplomb d'atteler à la charrette de son discours vocables tels que "démocratique" et "manipulation", me laissa pantois. Un suave sociopathe, me dis-je, un criminel en  gerbe assez inconscient pour s'octroyer, lui, le droit de manipuler.

Ce que par ailleurs il fit des décennies durant.

Propaganda a été  traduit  par Oristelle Bonis (éd. Zones, 2007) dont voici la traduction du mielleux morceau que je viens de citer ; le choix du boucher, pour ainsi dire.

La manipulation consciente, intelligente, des opinions et des habitudes organisées des masses joue un rôle important dans une société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays. p.31

Ou bien celle-ci :

La propagande moderne désigne un effort cohérent et de longue haleine pour susciter ou infléchir des événements dans l'objectif d'influencer les rapports du grand public avec une entreprise, une idée ou un groupe. Il [Bernays] considère qu'une minorité intelligente doit avoir le pouvoir « démocratique » et que la masse populaire doit être modelée pour l'accepter.

J'ai lu que Goebbels admirait beaucoup ce bouquin, trouvé après la guerre dans sa bibliothèque.

Cela donne à réfléchir, n'est ce pas ?

Qui est ce monsieur qui, tout en se fondant sur une lapalissade -à savoir que les masses sont stupides- se considère, lui, digne de diriger leur destin, et cela, nous le verrons, et par exemple au nom d'une marque de cigarettes (Lucky Strike) dont il devint le publiciste attitré?

Sa séquelle est un Ségala, sa métastase tralala, tantôt à gauche tantôt à droite.

Ce qui ne veut nullement dire qu'il serait toujours nulle part donc, bien au contraire :

Il est à la place du maître.

Tout ceci, chères amies, me laisserai indifférent si ce n'était parce que le modèle de société qu'il proposa -celui de la manipulation idéalisée, et pire encore, avouée, des hommes supposés libres par le dévoie-ment des dites relations publiques dont il est père- ne se reflétasse rigoureusement dans les institutions psychanalytiques, et à titre d'exemple, tel qu'en jouant mi-figue mi-raisin avec le supposé savoir.

CV : La première tache qu'incomba Bernays consistait à en trouver le moyen de faire fléchir l'opinion américaine en faveur de la rentrée en guerre (1914). À cette fin, il fit parti du fameux Committee on Public Information.

Si j'ai bien compris, et cela à la  lecture du superbement mauvais bouquin de Bullitt et Freud sur Wilson,  Président Wilson voulait participer à la Grande Guerre, et ceci afin de, entre autres choses, réviser le Traité de Versailles, ou plutôt de rédiger son suppléant.

Or les américains étaient alors carrément anti-interventionnistes.

Que cela ne tienne.

Amplement armé d'un rudimentaire freudisme qu'il fourguait aux cercles psychanalytiques des USA, dont grâce à ses origines familiaux il pesait de quelque poids- qui d'une part se résumait à la toute-puissance du Ça, et de l'autre, je viens de l'apprendre,  aux idées de Gustave Le Bon et Wilfred Trotter sur la psychologie des foules.

Con-naissances qui lui permirent de devenir prophète incontesté et activiste du social engineering.

Il conçut et élabora donc les instruments nécessaires pour manipuler les masses, outils que lui, ça va de soi, en tant que représentant de cette 'minorité intelligente', l'investissaient du pouvoir et du devoir démocratique,  pardi, de le faire.

Sachez pour l'anecdote qu'Edward Luis Bernais était par deux fois neveu de  Freud : Fils d'Anna Freud -sœur de Freud- et du frère de Martha Bernays, l'épouse de Freud.

Sachez aussi d'un cruel retour de manivelle, puisque, Joseph Goebbels, le sinistre ministre de propagande du Troisième Reich, se servit des idées de Bernays pour son modus operandi, et que Propaganda figurait éminent dans sa bibliothèque…

Qu'aurait Bernays éprouvé en découvrant cela?

Je sais seulement que par la suite Bernays subtilise le terme sans changer sa visée…

Cela renvoie peut-être à un passé dont le maître n'arrive pas à se racheter et qui se manifeste par la répétition inversée du miroir de l'histoire.

Or il se trompe aussi sur son désir, le maître. Il faudrait le lui expliquer. 

En fait, il n'achete rien sinon l'obéissance d'un pauvre con qui n'a rien fait, rien fait, voila son erreur,  et qui de surcroît accepte que vous soyez maître.

Cela saute aux yeux.

Je pense me souvenir que dans son Moïse, afin d'expliquer les altérations historiques, géographiques et nécessairement textuelles qu'il soulève dans la Torah, Freud explique que les érudites dont la tache incombait alors et dès lors aux lévites tels Moïse lui-même, n'étaient juifs de souche, sinon égyptiens fidèles de Rê, le Dieu Soleil institué suite à la révolution théologique promue par Akhénaton.

Or je suis européen, vous l'aurez senti. Dieu est mon Dieu, forcement, puisqu'il est Unique. Le votre aussi, même si vous ne le savez pas.

Je suis aliéné chez moi. Je ne reconnais les miens dans ces ombres lâches auréolées par la lueur des nombres fugitifs, courbes et graphismes qui chiffrent leur bonheur au déficit du mien, ombres qui d'un clic contrôlent nos vies  pour le pire.

Drôle de machin, la Bourse/

    -Las Vegas, tu veux dire.

   -Tu parles ! La Bourse serait alors  le seul casino où le perdant est toujours celui qui ne joue pas! Celui qui travaille, qui gagne sa croûte, qui par la sueur de son front produit ce que le boursicoteur négocie pour son plus-de-jouir et notre plus-de-souffrir.

Car le tout est là, je vous le répète: le maître jouit de notre souffrance. 

Il est bon comptable, ça oui ; or sachant que son gain est ta perte il tient dur comme fer au plus-de-jouir  qui gonfle les voiles de son désir/

   -Ça existe, le bon maître ?

   -Bien sûr. Il est même nécessaire. Or il n'a ni passé à redresser, ego à flatter ou prophétie à réaliser. On le dirait presque indifférent, zen, capable de te répondre par un aboiement évocateur  de  la colère de Moïse  en voyant le  Veau d'Or. Or de nos jours la jouissance du maître est subordonnée à la souffrance plus ou moins dérisoire de ses vassales//

machine médicale

La publication de Le Moi et le Ça réussissait simultanément à se débarrasser de la Psychanalyse et  à rendre le Freudisme quasiment planétaire sous la dénomination de soit comportementalisme soit thérapie de l'ego.

Je ne suis le seul à décrier sa vulgarité, or peut être suis-je exceptionnel en le dénonçant pour ce qu'il est : l'outil qui permet le maître d'endoctriner les masses.

Naturellement, cette perversion de la psychanalyse a une genèse, circonstances et casting.

Commençons et pt'être même finissons par le troisième facteur.

dramatis personae:

-Sigmund Freud- Découvreur du Secret des Rêves et de l'Inconscient.  

-Max Eitingon- Richissime Sioniste. Après une analyse-éclair de cinq semaines avec Freud il finit quand même par établir sur ce modèle les règles et normes institutionnelles en vigueur d'aujourd'hui. Fondateur et mécène de la célèbre et éphémère Policlinique psychanalytique de Berlin (1920 )/

    -Célèbre et éphémère, dis-tu?

   -Oui. Une fois sa première tâche accomplie la polyclinique subit une métamorphose onomastique autant qu'idéologique et devint l'Institut psychanalytique de Berlin, passant ainsi des pigeons aux hommes pour créer aux frais psychiques des patients le premier Laboratoire Comportemental.

C'est un effroyable et presque louche micmac. Et cela allait se répéter en Palestine, où le même Eitingon allait reproduire le/

   -Et Freud était d'accord avec tout ça ?

   -T'aurais fait pareil si quelqu'un te proposait de subventionner la construction d'une institution dédiée à tes photos, désignée, cerise sur le gâteau, par ton fils l'architecte. Correct ? Mais, en plus, Freud était très affaibli à l'époque, à tel point que je soupçonne son entourage, sa fille Anna comprise, de saisir l'occasion et prendre les manettes de la psychanalyse et profiter pour monter l'imbattable machine médicale qu'on connaît. 

   -Et tu, Brutus ?

   -Moi Brutus quoi ?

   -Aurais-tu fait pareil ?

   -Non. Je suis naïf. Un Chrétin, dis-tu. Je ne veux pas me plier.  Je sais que les riches prospèrent grâce aux pauvres. Freud pouvait bien clamer qu'argent équivaut merde, tout en y étant très attaché; la pauvreté était justement ce qu'il reprochait à son pauvre père et ce qu'il avouerait seulement vers la fin de sa vie, en revisitant imaginairement l'Acropole…

   -Et l'histoire de la lâcheté de son père ?

   -…Il me vient parfois à l'esprit l'idée d'un coup monté, un trauma mis en exergue…Tout cela n'est qu'ouï-dire, tu sais, un souvenir… Tiens, l'autre jour, regardant Carlos Ghosn faire de son mieux dans une annonce-qui-n'est-pas-publicité -that's CNN for you!- je le vois promouvoir sa Nissan chérie. Je pense que le journaliste voulait interviewer le PDG, alors il reculait, à mes yeux indigné, mais puisque la complice camera restait fixée sur Ghosn et son baratin -that's CNN for you !- il se trouva  pris dans les rets du sales pitch.

   (-Lacan se soumit.

    -Comme ça ? À quoi ?

   -Il demanda finalement  à  l'ignoble-tu-sais-qui, de le pardonner.

   - Le fit-il, l'ignoble-tu-sais-qui? 

   -Bien sûr que non. Au contraire, il enfonce le clue clou d'un seul coup  de son silentieux

   ((-Your search silentieux  did not match any documents

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-Le machin "cloud" me demande alors de "Sign in."

     -"Sign in."

 -C'est tout que vous savez dire, Sign in? Votre blanc-bleu commande ne me fait du tout penser au ciel, alors, j'hésite.

 -Did you mean: c'est tout que vous savez dire sign in vote blanc ne me fait du tout penser au ciel alors j'hésite

 -Toujours mieux que votre vote noir. Non ; je ne voulais dire cela. Et en passant, quel rapport avec ceci et ce qui apparut en premier, non, en deuxième ?:

Toulouse: il se fait abattre de 46 balles dans le corps pour avoir ...

www.legorafi.fr › au delà du périphérique

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Mar 20, 2013 - Voilà, tout ça pour dire que je compatis au sort de ce jeune homme ... Une Humanité purifiée pourra contempler éternellement le ciel à jamais bleu. .... Et je vous dis ça alors que j'ai un ami breton, c'est dire si je connais Paris ! ..... ne me viendra même pas à l'idée d'essayer de commander une chocolatine….

   -Okay, on tourne en rond. Et de toute façon je me suis souvenu que ça se dit licencieux silencieux.))

fort fière

J'aurais aimé entendre l'intervieweur demander à Ghosn depuis quand avait-il été promu commercial.

Puis un jeune asticoté apparut pour proclamer d'une voix tendre qu'il fallait "aknowlege love".

Justement le genre de vide-pour-la-forme que les médicaux en question t'apprennent à ânonner sans plus de conséquences.) 

Enfin, je reprends le fil, la polyclinique qui, pour les étriqués pauvres qui à leur frais apprirent aux aspirant-analystes l'art de la manipulation psychique, devint la moneyclinique d'aisés médecins: l'Institut psychanalytique de Berlin, là où, psychanalytiquement parlant, les règles furent gravées comme dans du marbre. Le modèle fit des petits : Switzerland (1919), France (1926), Italy (1932), Holland (1933), Norway (1933) and in Jerusalem (1933) by Eitingon, who had fled Berlin. The New York Psychoanalytic Institute was founded in 1931.

-Anna Freud- Formellement analysée par son père (1918-1922) devint en 1922 membre du premier Congrès Psychanalytique International, à Berlin, présidé par M. Eitingon.

À cette inaugurale occasion Anna Freud lut, son père en fut témoin, l'exposé d'un patient masochiste.

Elle omettait de dire que le patient était elle et l'analyste son père.  

Ce congrès fut le premier et le dernier auquel Sigmund Freud assisterait.

-Heinz Hartmann Father de l'Ego Therapy. Earnest Jones prétend dans sa biographie de Freud qu'il fut Freud's favorite analysand. Je n'ai pas trouvé cela confirmé ailleurs.

-Rudolph Lœwenstein- Didacticien attitré par Eitingon. Didactique avec Hanns Sachs. Un des neuf fondateurs (1926) de la Société psychanalytique de Paris, puis son Secrétaire. Didacticien de Jacques Lacan.  

Fin 1917 le cancer oral de Freud s'annonce par une douloureuse inflammation du palais/

   -La bouche est le palais de la parole.

   -Ferme-la, Jimbo.

Le symptôme et la douleur persistèrent jusqu'à début 1923 quand, suite à son ulcération, cancer fut diagnostiqué et Freud subit la première des trente interventions qui se succédèrent jusqu'à sa mort en 1939.

Ce qui veut dire deux interventions annuelles. 

Le Moi et le Ça fut publié en 1923.

Ce qui suit est ma traduction des passages qui intéressent mes propos, sortis des premiers paragraphes   du livre   de J.C. Davenport  Sigmund Freud :The Inside Story  http://www.evolve360.co.uk/Data/10/Docs/06/06Davenport.pdf

Déjà  à l'automne 1917 Freud remarqua une douloureuse inflammation du palais. Cela apparaissait quand il s'arrêtait de fumer pendant de brèves périodes (il fumait jusqu'à 20 cigares par jour) et disparaissait dès il recommençait à fumer. Il ne chercha pas alors d'opinion médicale, et tout alla bien jusqu'à février 1923 quand l'ulcération du palais apparu. Même alors il procrastina jusqu'en avril de la même année quand il consulta séparément Maxime Steiner, dermatologue et ami, et Félix Deutsch, le médecin de chevet de la famille. Les deux conseillers indépendamment soupçonnèrent un cancer, or informèrent Freud que la lésion était une leucoplasie et en recommandèrent l'excision. La raison pour la tromperie est incertaine or peut-être liée à leur souci concernant l'angine de Freud et du fait qu'il était déjà déprimé par la mort d'un petit fils. Quoique la vraie nature de la lésion lui ait été cachée, Freud soupçonnait un cancer en l'appelant "mon cher neoplasme". Il finit par se sentir trahi par la tromperie et coupa les liens avec Félix Deutsch quelques mois après.

Je pense que les dates par moi notées parlent d'elles-mêmes. Tout au moins, ces dates devraient vous suggérer ce dont je suis persuadé : 1- Freud était alors très affaibli et 2- profitant de  son état, Anna Freud & Co. l'écartèrent du pouvoir d'une science née de son unique esprit et osé travail.

      Encore un revers de la psychanalyse, je vous signale.

Je regrette de ne pas m'être penché sur la personnalité de Eitingon qui, je le vois maintenant, était si peu recommandable or aussi efficace qu'une éminence grise. C'est vrai que le personnage est discret même lors de productions intellectuelles qui ont l'air d'exercices imposés. Or la discrétion est le propre du chacham, par preuve Lœwenstein ou notre Ponte-pas-encore-Pape.

En tout cas, je viens de commander la correspondance Freud-Eitingon dans l'espoir de tirer au clair ce micmac.   

Suite à sa visite aux USA en 1909, Freud avait abandonné l'espoir de percer ce pays que, du reste il considérait au deçà de sa découverte. Son mépris camouflait un souhait-par-reniement,  un de ces c'est trop bon pour être vrai, c'est trop bon pour moi  qui dans sa lettre ouverte à Rolland de 1936, font point de capiton.

Armé d'un rudimentaire Freudisme, de ses origines familiales et de son nom Louis Bernays fréquentait les cercles psychanalytiques de New York  au moment même de l'avènement du Comportementalisme.

Heureuse coïncidence ?

   -De la famille de sa femme ?

   -Justement. Or de la sienne aussi. Edward était son double neveu en fait. Je te l'ai déjà dis. 

   -Bien, comme disait ton ex et toujours première femme, probablement citant je ne sais qui, l'inceste est okay seulement en famille.

   -Je m'en souviens…elle était fort fière. Tu étais là ?

   -Je ne me souviens pas si là ou ailleurs, mais j'étais là, aussi.

   -Elle ne me disait rien que je ne savais pas, l'aphorisme excepté, lequel en passant je cite mal…c'était plus alambiqué et aussi plus élégant. Or je le dévêtis pour mirer plutôt ses sous-vêtements…mais à quoi bon…

De toute façon avouer est se donner permission.

   -As-tu discuté de cela avec ton frenchy shrink ?

   -Pas de tout. Je lui disais seulement ce que je voulais qu'il entende.

C'est d'ailleurs lui qui un jour m'informa de ma triste enfance.

Je ne sais pas d'où il sortait ça, mon enfance je l'avais vécu comme je vis ma veilleuse vieillesse. C'est vrai que j'ai traversé des moments difficiles, lesquels je lui racontais d'un ton aussi neutre qu'impossible… mais tu sais chacun s'adapte à sa difficulté et apprend à même l'aimer… c'est la notre, comment pourrait on s'en abstraire?...c'est la condition pour être soi, pour être libre quoi.

Je me régale.

En tout cas j'ai commencé malhonnêtement, en m'adressant a lui en tant que psychiatre par le biais de la sécurité sociale, qui allait donc payer pour moi le temps de saisir le personnage.

   -C'est vrai ça ?

   -Quoi vrai ?

   -Que tu te régales.

   -Oui. Et en plus tu me le demandes sans prendre un de ces airs "in" du connaisseur à-l'heure-d'aujourd'hui que parfois tu affectes. Mais, oui, c'est vrai. Je remercie mon père qui me laissa entendre que la responsabilité s'assume, un point c'est tout.

   -Et lui, ton psy, il s'appelle comment?

   -Il m'a prévenu vers la fin de notre relation que je ne devrais pas le nommer, puisqu'après tout, l'Ordre Médicaleʺlui en interdisait la publicitéʺ.

   -Plutôt faux-cul, non ?

   -Je n'en sais rien. En tout cas, ça me va. De surcroît, je peux le vanter d'avoir élargi mes horizons, sur moi, ça va de soi, mais aussi de la main mise psychiatrique dont je te cause.

   -Mais t'étais en analyse avec lui ?

   -Oui, de ma poche et quelques psychiatriques séances après notre première réponse rencontre. Cela allait durer de lustres, c'est dire si je m'étais entiché de lui. Et cela malgré le fait qu'au début il ne savait où placer le pépiniériste qui faisait le marché aux fleurs pas si loin de son cabinet, ce qui me permettait de laisser un collègue s'occuper de mon stand et aller au rendez-vous.

La lumière commença à se faire pour lui, je pense, le jour où j'ai utilisé le terme ʺsurmoiʺ et il m'interrogea sur ce que "j'entendais par là".

   - La conscience morale, lui répondis-je.

Or revenons à Edward Bernays,  considéré par Times Magazine comme l'un ʺdes cent plus importants hommes du siècleʺ, pas moins. Il inventa puis peaufina la ʺpublic relationsʺet tout ce qui touche de près ou de loin la manipulation des médiocres masses que selon lui une élite aurait le droit de manier, devenant du même coup, un ʺgouvernement invisibleʺ : Le vrai.

Bernays ʺfréquentait les cercles psychanalytiquesʺ d'alors.

Or puisque ces "pères" du comportementalisme ont gommé son nom de leurs registres, la question se pose de savoir qui maître, qui disciple. Souvenez-vous que ces événements se déroulaient dans les années vingt, à la même époque et dans les mêmes lieux que les idéologues comportementalistes, ceux du cortège Heinz Hartmann & Co., abrités sous la traître tutelle d'Anna Freud, réussirent à ce que l'Ego-go-go thérapie puisse conquérir les USA.

Quand vous remarquez qu'au fond il n'y a guère de différence entre ce que propose ouvertement maître Bernays pour contrôler les masses et ce que les maîtres comportementalistes proposent pour contrôler l'individu, et bien, c'est louche; or on dirait bien que la tâche était partagée.

Tous les deux visent un endoctrinement qui favorise le maître au détriment de l'humain.

Bref,  chères amies, ça pue.

Comme dans : je souffre, detteur docteur, de d'un étrange symptôme : je sens l'odeur d'huile de palme partout. Toute cuisine, tout restaurant j'entre ou renifle en passant, me renvoie l'odeur au pif.

Me file la nausée.

Je ne sais si c'est un dérangement du corps ou de l'âme.

En fait, je ne peux même imaginer un tel truc sensoriel, un tel bouleversement synesthésique, et pire encore pour mon ego, une telle obsession.

Étant de ceux qui se méfient du corps, et ne me prenant pour un hystérique/

   -Tu te méprends, ça au moins est sûr.

Ah, l'inconscient! Quoique, c'est compliqué: Ce n'est pas que chaque mal aux tripes ou chaque pet de travers renvoie à la psyché, grâce à Dieu!, qui  d'autre part ne s'encombre de broutilles.

Psyché, âme, c'était kif-kif pour Freud avant que le bon sens et la mêlée-médicale ne prenne le ballon. Pour ma part je préférerai que le symptôme renvoie directement au corps, car le corps, ça se guéri ou pas, et, à la fin, nous passons.

Naturellement ça file la pétoche, ce passage obligé, cette mort que chacun doit à la nature, comme disait Freud;  Alors, nous renions la peur par d'absurdes alentours genre "ce n'est pas la mort je crains, c'est la douleur", etc.  Et là, la psychanalyse -la vraie, non pas l'actuelle comédie médicale ni ses ténors- a un avantage du point de vue de promesses non tenues, car de promesses il n'y a point:  La vie ne se guérit pas, elle sévit  se vit. Parfois la vie pue, et comme disait Eddie Cochran dans Summertime Blues :

"There ain't no cure for the summertime blues". ("Y'a pas de cure pour les blues estivales".)

En d'autres termes, que le désir est inguérissable.

Puisque je sens cette odeur à chaque repas, à la maison je change souvent l'huile de cuisine. Inutile. Je lis soigneusement les exiguës étiquettes sur la bouteille à la recherche du mot "palme".  Car au bout de maintes épreuves et péripéties je pense avoir identifié la source odorante, malgré que ses fournisseurs et prophètes nous assurent que l'huile de palme est "inodore et sans goût caractérisé".

Voyons donc. Moi je suis sûr, comme ça, que c'est elle la coupable de mon malheur,  sûr qu'on met partout cette huile aux molécules inoxydables, pour l'obtention de laquelle des îles entières ont été défoliées et refoliées/ 

   -Herr kaporal, ce qu'on cherche c'est une huile qui tienne le coup chez macdo, qui ne brûle aux enfers des fast-foods ni se dégrade nenni, et surtout pas cher.

Alors t'investis dans l'île Pachyderme, tu carrément l'achètes, main d'œuvre bon marché incluse, puis t'arraches tout et replantes des palmiers dont l'huile ferait marcher un hydravion.

Ça pue.

C'est la puanteur de la vie.

Ha !

Je vois les cotations boursières défiler dans l'écran devant lui… Le voilà ! S'exclama-t-il; ça c'est du bon boulot !

Puis il récline son fauteuil, les mains nouées derrière la nuque….

Une estampe du Temple de Wall Street.  

Tu says sais quoi, qui says sait ce que le futur nous promet ? 

Tu râles de cette envoûtante, dégoûtante, odeur…

C'est peut-être trop tard pour y remédier... Or nos enfants auront un jour la nostalgie de cette odeur.

Moi je languis de l'huile de l'olivier, dont l'arôme évoque la cuisine de ma mère;  arbre offert par Athéna à Cécrops, roi d'Attique,  et choisi par les femmes sur le puits d'eau salée offert par Poséidon.

Ayant vu que les femmes, plus nombreuses d'une voix, votèrent en bloc pour l'olivier -plaçant ainsi la ville sous la protection d'Athéna- et afin "d'apaiser la colère de Poséidon" dicta un quelconque exégète afin de nous mettre sur des rails loin des miens/

   -Comment ça, tes rails?

   -Ceux qui mènent à la spirituelle source du décret de Cécrops.  

/Cécrops instaura la patrilinéarité, décréta que dès lors les enfants ne porteraient le nom de la mère et que les femmes n'auraient plus le droit au vote.

    -Cela semble te plaire.

   -Oui, sauf pour l'histoire d'ôter aux femmes le droit au vote.

/Cela tranche, surtout en venant d'un roi moitié homme moitié serpent, un autochtone, littéralement fils de la terre, c'est-à-dire quelqu'un en principe  proche de mère Gaïa.

Ce n'est pas donc pour rien que notre royale chimère, malgré ses origines, jouisse de la réputation d'avoir apprit aux athéniens les manières civilisées… 

à suivre, cher lecteur, à suivre.

..

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